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«Petit prix» de Geneviève O’Gleman: bien manger pour pas cher

Yan Lauzon | Agence QMI

PHOTO COURTOISIE/Maude Chauvin

Toutes les raisons sont bonnes de vouloir réduire ses dépenses en temps de pandémie. Alors pourquoi ne pas resserrer le budget bouffe? 

Parce que les factures du supermarché ne cessent de gonfler, Geneviève O’Gleman tombe à point avec «Petit prix», un livre dans lequel la nutritionniste propose plusieurs recettes peu dispendieuses et dévoile un gros lot d’astuces pour ne pas vider ses poches en s’alimentant.

Selon elle, «manger santé à petit prix, ce n’est pas beige, pas une punition, ni un plan B». «On n’a pas à se sentir coupable parce qu’on a un budget serré; il y a moyen de sentir que c’est un beau défi d’apprêter des aliments pas chers d’une façon gourmande.»

Concocter une salade César au kale et aux haricots blancs ou réussir des linguinis citronnées au saumon peuvent assurément combler les attentes.

Aussi, ce n’est pas parce que certains produits se détaillent quelques dollars qu’ils ne sont pas savoureux et versatiles.

«Il y a beaucoup de personnes qui croient que manger santé coûte cher, donc j’ai voulu prouver qu’on est capable de manger santé à petit prix, dit Geneviève O’Gleman. Il y a aussi des gens qui vont bouder un peu les aliments économiques - les légumineuses, les légumes-racines, les oeufs - alors qu’on peut vraiment les rendre sexy, appétissants.»

Un exemple? Des cubes de navet rôtis au miel et au cari, «qui se mangent comme des bonbons», à mille lieues du navet bouilli.

PHOTO COURTOISIE Maude Chauvin

Exploiter tout pleinement

Comme il arrive souvent d’acheter en grosse quantité pour réduire le coût par portion des repas, Geneviève O’Gleman ne craint pas de consommer un aliment plusieurs fois par semaine. Pour elle, le riz cuit n’est pas un aliment, mais plutôt un ingrédient faisant partie d’un tout.

«On peut mettre notre riz dans une salade cajun avec des épices, des haricots noirs et du maïs, dit-elle. Le lendemain, on peut faire un riz frit avec des saveurs asiatiques, un peu vide-frigo avec nos légumes, de la sauce soya et de la sauce hoisin pour une touche sucrée. Après, on peut faire un cari à l’indienne et le servir sur le même riz. On a mangé trois fois du riz, mais ce n’était jamais ennuyant...»

Un gâteau fou

De plus, il y a toujours moyen de se faire plaisir sans dépenser une fortune. La preuve: son savoureux gâteau au chocolat, d’une simplicité désarmante.

«Je me suis inspirée d’une recette qui a été très populaire aux États-Unis entre les grandes guerres et pendant la Grande Dépression. Ça s’appelait le "wacky cake”, comme fou, parce qu’il n’utilise pas de beurre, pas d’oeuf, pas de produits laitiers, juste des aliments non périssables de garde-manger: de la farine, du sucre. [...] Le frigo peut être vide et on peut quand même faire le gâteau au chocolat. Il est super moelleux.»

Pour d’autres recettes et façons de manger sans se ruiner, feuilletez le livre «Petit prix».

Des trucs infaillibles pour économiser 

Geneviève O’Gleman connaît plusieurs petits gestes à poser, de nombreux réflexes à développer et différentes stratégies à mettre en place afin de réduire simplement ses dépenses alimentaires, sans pour autant se priver. Voici 10 trucs de la nutritionniste.

À la maison

- Faire des réserves

«C’est encore le temps d’aller vers la variété de courges qu’on a, d’en faire des purées qu’on peut congeler ou simplement insérer des cubes dans des soupes ou nos mijotés pendant l’hiver...»

- Se servir des restes

«Si on fait du pain et avec les restants on fait des croûtons, on n’a pas besoin de dépenser pour en acheter pour notre salade. Même chose si on fait plein de légumes grillés et qu’on garde les retailles pour notre bouillon de légumes.»

- Se fier aux saisons pour les fruits et légumes

- Réinterpréter des recettes pour y insérer les aliments dont on dispose

- Ne pas hésiter à apprêter, avec «amour», des aliments surgelés

À l’épicerie

- Comparer les formats

- Se méfier des rabais d’aliments qu’on n’utilise pas normalement

- Faire une petite pause juste avant de passer à la caisse et se questionner

«Souvent, on est tanné et on se dépêche d’aller en file. Mais s’arrêter un peu avant et faire une auto-évaluation de notre panier; est-ce que j’ai vraiment besoin de tout ça? [...] C’est encore le temps d’aller reporter certains aliments dont on n’a pas vraiment besoin et d’en rajouter qui vont nous aider à traverser la semaine.»

- Jeter son dévolu sur les légumineuses pour manger moins de viande

- Aller à l’épicerie moins souvent