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Tramway: des «acteurs clés» de Québec réclament un décret avant les Fêtes

Photo courtoisie Ville de Québec

L’Université Laval, la Chambre de commerce et d'industrie de Québec, le Conseil du patronat, des grands assureurs de la capitale et CAA-Québec pressent le gouvernement Legault dans le dossier du tramway et l’invitent à adopter un décret avant les Fêtes. 

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Se décrivant eux-mêmes comme des «acteurs clés» de la grande région métropolitaine de Québec dans un communiqué conjoint diffusé vendredi matin, les porte-parole de ces organisations affirment qu’il faut «sécuriser le tracé de la colonne vertébrale» du réseau structurant de 3,3 G$ au plus vite.  

«Nous tenons à saluer l’appui offert par M. Bonnardel au mode tramway du Réseau structurant de transport en commun comme colonne vertébrale pour Québec, ainsi que la volonté affichée de collaboration, que nous partageons. Maintenant, bien que nous comprenions l’intérêt à améliorer le projet et desservir plus de banlieues, cela ne peut pas se faire au détriment du tracé de colonne vertébrale actuel», disent-ils en chœur.  

La Banque Nationale, le Mouvement Desjardins, l’Institut de développement urbain du Québec, iA Groupe financier et La Capitale / SSQ Assurance signent également le communiqué expédié par l’organisation J’ai ma passe, qui soutient le projet de réseau structurant.  

«Il faut le voir comme une première phase»

«Le tramway de Québec, c’est un projet qui vient répondre aux besoins de la population en mobilité durable. Surtout, il faut le voir comme une première phase, sur laquelle on va pouvoir bâtir, notamment pour la desserte de plus de banlieues», a déclaré le président du Conseil du patronat du Québec, Karl Blackburn.  

«On prévoit environ 19 000 emplois avec la construction du Réseau structurant de transport en commun et près de 2,1 G$ en ajout au PIB de Québec. Dans le contexte de relance économique, il est non seulement primordial d’offrir un climat de prévisibilité dans le dossier du tramway de Québec, mais surtout de démarrer rapidement», a renchéri Steeve Lavoie, qui est à la tête de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec. 

La rectrice de l’Université Laval, Sophie D’Amours, ajoute que les étudiants attendent «avec impatience» une amélioration significative de l’offre de service. «En tant que rectrice, je sens que nous avons une responsabilité de livrer rapidement ce réseau pour notre jeunesse, qui demande des actions concrètes pour l’environnement. Il y a un engouement particulièrement fort de la communauté étudiante.» 

Les opposants se font entendre aussi

Au même moment, les dirigeants du groupe citoyen Tramway non merci, ouvertement opposés au projet, tenaient un point de presse dans un hôtel de Sainte-Foy pour faire écho au rapport très critique du BAPE (Bureau d’audiences publiques sur l’environnement) dévoilé en début de semaine. 

Furieux que le BAPE lui demande de refaire ses devoirs, le maire de Québec, Régis Labeaume, avait alors dénoncé un rapport «tronqué, erroné, biaisé, tordu et rempli d’incohérences».  

«Où sont les qualifications du maire pour dire que ce rapport est sans fondement ? Où cache-t-il son baccalauréat en ingénierie, son MBA en administration des affaires ou son doctorat en transport en commun ? Bref, où est sa compétence pour affirmer que ces experts n’en sont pas?», a déclaré le porte-parole de Tramway Non Merci, Stéphane Lachance, en se portant à la défense de la compétence des trois commissaires du BAPE.  

À l’instar du chef de l'opposition Jean-François Gosselin, en début de semaine, M. Lachance a réclamé à son tour un gel immédiat de toute dépense liée à ce projet, voire un moratoire complet, rappelant que la population «ne lui a jamais donné» le mandat de réaliser un projet de tramway aux dernières élections. «Où est l’urgence de dépenser des millions par centaine sur un tracé qui pourrait changer?»