/finance/homepage

Hydro-Québec s’attend à un doublement de pertes pour mauvais payeurs

Martin Jolicoeur | Journal de Montréal

Hydro-Québec

Didier Debusschère

Les temps sont durs pour les Québécois, et les créances de mauvais payeurs se font de plus en plus sentir dans les coffres d’Hydro-Québec, qui s’attend maintenant à ce qu’elles passent du simple au double d’ici la fin de l’année.

• À lire aussi: Bénéfice net de 203 M$ pour Hydro-Québec au troisième trimestre

« On n’a jamais connu une situation de cette ampleur, a reconnu hier le vice-président exécutif et chef de la direction financière d’Hydro-Québec, Jean-Hugues Lafleur, à l’occasion de la présentation des résultats du troisième trimestre. Nous sommes vraiment en territoire inconnu. »

Bon an mal an, Hydro-Québec doit composer avec des défauts de paiement d’une valeur moyenne de 90 M$. La moitié de ce manque à gagner est attribuable à des comptes résidentiels.

Or cette année, la société d’État prévoit que la valeur totale des défauts de paiement atteindra « entre 170 M et 180 M$ », soit le double de ce à quoi elle est habituée. Ce manque à gagner constituerait un record historique.

Le phénomène se dégradera

Il faut remonter au lendemain de la crise de 2008-09 pour s’approcher d’un tel niveau de non-recouvrement. En 2010, confirme son porte-parole Maxence Huard-Lefebvre, les mauvaises créances de consommateurs avaient atteint 138 M$.

Prévoyant le coup, Hydro a révélé hier avoir accru sa provision pour risque de non-recouvrement à 114 M$. Il s’agit d’une hausse de 54 M$ par rapport aux 60 M$ de l’an passé, à pareille date. 60 % de cette hausse serait attribuable à des défauts de paiement d’entreprises ou d’institutions.

Mais ce n’est pas tout. On s’attend à ce que le phénomène prenne de l’ampleur au fur et à mesure que, dans les prochaines semaines, les programmes d’aide des gouvernements viennent à se tarir. « Tout cela est intimement lié », estime Jean-Hugues Lafleur. C’est ainsi que le manque à gagner pour non-paiement de factures devrait atteindre les 170 M$ d’ici la fin décembre.

Des dégâts limités

Au dernier trimestre, terminé le 30 septembre, le bénéfice net d’Hydro-Québec s’est chiffré à 203 M$, tout près des 205 M$ enregistrés à pareille date l’an dernier. 

Depuis le début de 2020 par contre, Hydro accuse toujours un retard de 435 M$ sur son bénéfice de 2019. La consommation d’électricité a chuté de 4 % au Québec comparativement aux neuf premiers mois de 2019.

Hors Québec, les exportations d’électricité d’Hydro-Québec ont baissé de 151 M$ pour se chiffrer à 1004 M$. Ce recul serait surtout le résultat de températures clémentes au printemps et de l’impact de la pandémie.