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La santé mentale est-elle vraiment une priorité?

TVA Nouvelles

Si le gouvernement Legault assure faire de la santé mentale une priorité, le directeur national des services en santé mentale du Québec s’inquiète du moral des Québécois.

«Il y a 50 à 60% des gens qui ont des problèmes de santé mentale ou une détresse psychologique et qui ne consultent pas les services», avance le docteur Pierre Bleau. 

«Les gens ont une détresse parce qu'il y a une perte d'emploi ou une perte de revenus. Certains ont un sentiment d'inutilité. Avec ce qu'on vit, la limitation des contacts sociaux, les tensions familiales et conjugales que les gens peuvent vivre, tout ça amène souvent une détérioration cognitive, psychologique.»

Après les attaques dans le Vieux-Québec, le gouvernement a annoncé 100 millions de dollars d'argent frais pour les services en santé mentale. 

«C'est important pour moi et pour nous tous de venir rassurer la population», avait alors dit le ministre délégué à la Santé, Lionel Carmant.

Un pas dans la bonne direction pour le docteur Bleau. Selon lui, la santé mentale a longtemps été négligée au Québec.

Guide d’autosoins en ligne

Par ailleurs, le gouvernement a mis de l'avant un guide d'autosoins en ligne, «Aller mieux à ma façon», espérant ainsi réduire les listes d'attente. 

Utile, mais pas suffisant selon le porte-parole de Québec en matière de santé et services sociaux, Gabriel Nadeau-Dubois.

«L'idée n'est pas de ridiculiser, l'outil. L'idée n'est pas de dire que c'est inutile. Mais faire d'un outil comme celui-là le cœur de la stratégie et de promettre qu'on va régler le problème de la liste d'attente avec ça, c'est ça qui est de la poudre aux yeux», estime-t-il.

Le député de Gouin préfèrerait ramener plus de professionnels dans le réseau.

«On a un ministre qui veut diminuer la liste d'attente, qui va peut-être réussir à le faire, mais ça ne va en rien représenter une amélioration de la santé mentale des Québécois. Il essaye de faire faire la job des psychologues à un site Internet. Et je suis désolé, une application, aussi ingénieuse soit-elle, ça ne peut pas remplacer des psychologues dans le réseau public.»