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Les surdoses mortelles ont doublé en Outaouais depuis le début de la pandémie

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Victoria М - stock.adobe.com

Le nombre de surdoses mortelles dues aux drogues a quasi doublé en Outaouais depuis le début de la pandémie de la COVID-19, avec une augmentation notable des cas chez les femmes.

Selon les chiffres officiels de la Santé publique régionale obtenus par l’Agence QMI, 35 décès dus potentiellement à une surdose de drogue ont été recensés dans la région entre le 1er mars et le 10 novembre, comparativement à seulement 20 durant la même période en 2019.

«C’est une année difficile pour nos équipes de travail. Elles ressentent constamment ce sentiment d’urgence et d’impuissance», de confier Janick Allyson, coordonnatrice au Centre d’intervention et de prévention en toxicomanie de l’Outaouais (CIPTO).

De ce nombre, 14 victimes sont des femmes, six décès sont survenus hors des limites de la Ville de Gatineau et l’âge moyen des personnes décédées est de 43 ans. Le bilan chez les femmes est trois fois plus important que celui de l’an dernier à pareille date.

«Les femmes ont souvent plus tendance à vouloir cacher leur vulnérabilité. De plus, en ce temps de pandémie, il est plus difficile pour elles d’avoir accès à des soins ou à des services de soutien», explique Mme Allyson.

Drogues fortes 

Les intervenants du milieu soulignent que plusieurs facteurs sont à l’origine de cette hausse marquée de surdoses mortelles. La pandémie de la COVID-19 figure toutefois en tête de liste, ayant fait augmenter l’anxiété, l’insécurité financière, l’isolement des personnes plus vulnérables et, par ricochet, la consommation.

Des drogues plus fortes que le fentanyl ont de plus fait leur apparition sur le marché pour lesquelles il n’y a pas d’antidote comme la naloxone. Celles-ci sont plus fréquemment «coupées» avec des substances toxiques ou impures, avec des amphétamines ou des benzodiazépines (Valium, Ativan, etc.), ou un mélange d’un peu de tout.

«La drogue est moins accessible qu’avant la pandémie, notamment en raison de la fermeture des frontières. Les utilisateurs ne savent souvent pas ce qu’ils consomment», pointe Annie Castonguay, directrice adjointe au BRAS Outaouais, un organisme de prévention et d’intervention qui dit avoir distribué beaucoup plus de matériel de consommation, de protection et de prévention qu’à l’habitude durant les cinq derniers mois.

Site supervisé 

Un site supervisé d’injection a ainsi été installé le 24 juillet dernier aux abords du refuge pour itinérants dans le secteur Hull. Ses intervenants ont reçu jusqu’à maintenant quelque 1500 visites et ont même réussi à réanimer deux personnes en situation de surdose.

Les organismes régionaux de prévention et d’intervention souhaitent maintenant que ce projet devienne un endroit fixe permanent. Ils espèrent aussi mettre sur pied une unité mobile pour desservir les autres secteurs de l’Outaouais.