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Hausse des demandes de tutorat chez les cégépiens à Saguenay

Un nombre croissant de cégépiens de Saguenay demandent l’aide de tuteurs, car les cours en ligne ne suffisent plus à leur compréhension.

C'est le cas d'Olivier Gagnon qui étudie, à distance, les sciences de la nature dans un Cégep de Montréal. Mais depuis la mise en place des cours en ligne, ses résultats scolaires sont passés de 95 % à 85 %.

«Dans un cours de 30 élèves, si tout le monde posait des questions, on n'arriverait pas à faire le cours. Moi d'habitude, je pose tout le temps des questions, les profs m'appelaient le tannant, mais là, je n'en pose presque pas», a-t-il expliqué.

Selon lui, les étudiants ne veulent pas interrompre le cours, alors ils gardent leurs questions pour eux.

Les cours en ligne en ont donc poussé plusieurs à se tourner vers des cours particuliers, en personne. Certains ont recours à un tuteur indépendant en plus de poursuivre leur formation régulière.

«La concentration, c'est terrible. On a le cellulaire à portée de main, alors écouter le prof, j'ai de la misère», a ajouté Olivier.

Les plages horaires n'auront jamais été aussi pleines chez Tutorat Saguenay. Au moins 2 étudiants viennent suivre un cours en présentiel chaque jour alors qu'avant, ce n'était pas le cas.

«Habituellement, on aide 4, 5 élèves de façon sporadique par session pour une aide ponctuelle. Maintenant, on peut dire que depuis la mi-session, le tiers de nos demandes est par rapport aux sciences de la nature au Cégep», a fait savoir la directrice de Tutorat Saguenay, Cynthia Tanguay.

Selon un professeur chez Tutorat Saguenay, c'est le non verbal qui manque cruellement au cours en ligne.

«En présentiel, je vais demander : ''est-ce que tu as compris? ''Il va me dire : ''eh... non''. Alors moi, je réexplique. Au bout de 2-3 fois, il va me dire ''oui'' même s'il n'a rien compris. Par contre, son nom verbal lui, va me le dire. S'il me dit ''oui'' avec une face de ''non'', je vais réexpliquer», a décrit Grégory Coelho, professeur de sciences et de mathématiques chez Tutorat Saguenay.

À travers un écran, il est plus difficile pour un professeur de comprendre le non verbal de ses étudiants.

Au Cégep de Jonquière, les demandes au centre d'aide ont aussi augmenté.

Au Cégep de Chicoutimi, comme les élèves du programme de sciences nature ont souvent pour objectif d'être performants pour maintenir une bonne cote R, certains pourraient se mettre plus de pression s'ils voient leurs résultats diminuer de quelques pourcentages.

«Comme la cote R de la session hivernale passée a été annulée en raison de la pandémie, peut-être que c'est un stress de plus pour les étudiants qui veulent intégrer un programme spécifique à l'université, comme la médecine», a expliqué l'agent aux communications de l'Université du Québec à Chicoutimi, Éric Emond.

Là-bas, aucune diminution drastique des résultats des étudiants en sciences de la nature n'a été remarquée, ni de boom d'abandon des cours majeurs.