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L’assurance voyage complique la vie des «snowbirds»

Stéphane Desjardins | Journal de Montréal

Mature couple standing at the beach, looking at the beautiful seascape, copy space left, EPS 8 vector illustration, no transparencies

Illustration Adobe Stock

La COVID-19 complique la vie des « snowbirds ». Voici quelques explications.

Le voisin d’un des patrons du Journal nous a confié que, cette année, il allait passer l’hiver au Québec parce que son assurance voyage était passée à 6000 dollars.

« Avec la COVID-19, les assureurs restreignent les couvertures ou augmentent les tarifs, explique Guy Duhaime, président du Groupe Financier Multi Courtage. Les États-Unis sont fortement frappés par la pandémie, et dans certains États les normes sanitaires sont très relâchées, dont la Floride. Il y a proportionnellement plus d’infections et de morts que chez nous. Les assureurs se sont ajustés en conséquence. »

La plupart des assureurs imposent donc des hausses salées ou des limites de couverture en cas d’hospitalisation due à la COVID-19, de 250 000 dollars américains, par exemple. Un montant largement dépassé si vous passez une semaine aux soins intensifs dans un hôpital américain.

Et l’assurance coûte aussi cher si vous allez au Costa Rica ou au Mexique, car un rapatriement par avion-ambulance coûte au moins 40 000 dollars.

Conditions normales

En assurance voyage (frais d’hospitalisation, de médicaments, de subsistance), rien n’a changé dans la façon dont les assureurs estiment les risques. 

Plus le « snowbird » est âgé, plus c’est cher. Et ça se corse si vous présentez déjà un risque dû à votre condition physique (fumeur, faiblesse aux poumons, hospitalisation récente, crise cardiaque passée, test positif à la COVID-19, et ce un ou deux mois avant de partir...).

Christopher Davage, vice-président ventes et marketing chez Medipac, un assureur populaire auprès des « snowbirds », m’explique qu’il m’en coûtera 1017 $ pour un hypothétique séjour de six mois en Floride. J’ai moins de 60 ans, je suis non-fumeur, je n’ai jamais eu de problème cardiaque et je n’ai pas attrapé la COVID-19.

Medipac est un des rares assureurs à n’imposer aucune limite ou tarification excédentaire en ce qui regarde la COVID-19 : « On pense que les “snowbirds” vont se protéger, porter le masque et pratiquer la distanciation sociale », affirme M. Davage

Les assureurs se retirent d’un marché en appliquant systématiquement une tarification trop élevée, comme avec la COVID-19. 

Les consommateurs doivent donc magasiner, ou passer par un conseiller qui fait affaire avec plusieurs assureurs. 

Conseils  

Plusieurs assureurs de voyage acceptent de couvrir la COVID-19 sans supplément. Mais si votre séjour excède 21 jours, c’est une autre histoire. 

Vérifiez si votre couverture d’assurance médicale joue entre 3 millions de dollars américains et 5 millions de dollars américains et si elle inclut la COVID-19. Y a-t-il un plafond en cas de pandémie, de conflit armé ou de catastrophe naturelle ? Quelles sont les exclusions ? Votre hébergement est-il couvert en cas de prolongation pour quarantaine à l’étranger, surtout si vous ne pouvez prendre votre vol de retour après un test positif ? 

Impossible actuellement de se procurer une assurance annulation en cas de contamination par la COVID-19. 

Les autorités répètent de s’abstenir de voyager durant la pandémie. Vous devrez obligatoirement communiquer des renseignements sur votre santé au retour de l’étranger (avec l’application ArriveCAN : https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/maladies/maladie-coronavirus-covid-19/arrivecan.html) et subir une stricte quarantaine (surveillée par les autorités).