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Congé scolaire allongé: les élèves en zone jaune et orange injustement pénalisés

Geneviève Lajoie | Journal de Québec

François Legault va injustement pénaliser les élèves et les familles qui habitent dans les régions moins touchées par la COVID-19 en imposant un congé scolaire allongé mur à mur à l’ensemble du Québec, déplore le Parti québécois.

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Le premier ministre a mis cartes sur table mardi. Le scénario envisagé par son gouvernement est un congé qui pourrait s’étendre jusqu’à la mi-janvier pour les écoliers. «Pourquoi? Pour qu’il y ait une espèce de quarantaine pour les enfants donc avant de les retourner à l’école, suite à ces rassemblements familiaux qu’on va voir durant le temps des Fêtes», a-t-il précisé, durant la conférence de presse sur l’état de propagation du virus.

Il s’agirait de vacances pour les élèves et les profs, qui n’auraient pas de cours à donner. Les services de garde scolaires pourraient demeurer ouverts durant cette période pour accommoder les parents incapables de s’absenter du travail, a fait valoir François Legault, qui compte prendre une décision dans les jours qui viennent.

Mais une chose est sûre, les consignes ne seront pas différentes d’une région à l’autre et seront appliquées peu importe le niveau d’alerte. «J’essaie de garder ça simple, ça veut dire [que les règles seront appliquées] à la grandeur du Québec», a-t-il insisté.

Certaines régions, qu’on pense à l’Abitibi, la Côte-Nord ou les Îles-de-la-Madeleine, ne recensent pourtant que très peu de cas de COVID-19 quotidiennement et sont en zone jaune.

Décision politique

Le député péquiste Joël Arseneau reproche à la CAQ de faire fi une fois de plus de la science et de prendre une décision purement politique.

«Pourquoi [...] on pénaliserait les élèves et vraisemblablement les parents aussi et même les enseignants en leur imposant des mesures qui n’ont aucun lien avec la situation épidémiologique qui est vécue dans ces régions-là?», lance l’élu madelinot, en entrevue.

Attitude paternaliste

Il rappelle que l’économie des régions en zone jaune et orange n’est que très peu perturbée en ce moment. «La majorité des gens continuent de travailler, c’est d’autant plus difficile pour eux de gérer le retour des enfants à la maison, alors qu’il n’y a pas de raison de le faire sur le plan sanitaire, alors qu’il n’y a pas d’éclosion dans les écoles», plaide-t-il. Selon lui, fermer les écoles est une «mesure draconienne» et ne peut tout simplement pas se justifier dans les régions épargnées par le virus.

Il déplore «l’attitude paternaliste» de François Legault, qui prend des décisions parce qu’il a l’autorité de le faire, sans l’appui de données probantes.

Les enseignants pas consultés

À la Fédération des syndicats de l’enseignement, on s’interroge aussi sur ce qui guide les choix du gouvernement. «C’est quoi les données qui leur permettent de croire que nos adolescents, si on les envoie un mois à la maison, ils vont vraiment être un mois à la maison, qu’ils ne continueront pas à voir les amis, qu’ils vont vraiment s’isoler?», insiste la présidente, Josée Scalabrini.

Elle déplore d'ailleurs que le gouvernement n’ait pas jugé bon de consulter les acteurs sur le terrain, les enseignants, ceux qui sont là auprès des élèves tous les jours et qui connaissent leurs besoins.