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Rassemblements à 10 : «c’est préoccupant»

TVA Nouvelles

Retrouver ses proches sans créer une recrudescence de la pandémie. Voilà le dilemme en vue de la période de Noël. 

Même si la tendance semble s’être stabilisée au Québec, la courbe ne fléchit pas. Les résultats positifs à la COVID-19 demeurent au-dessus des 1000 personnes infectées à cinq semaines des Fêtes.  

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Peut-on réellement espérer des rassemblements de 10 personnes ou trois foyers dans un mois? Le Dr Gaston De Serres, médecin-épidémiologiste à l’Institut national de santé publique du Québec, se dit préoccupé par ce scénario.  

«Une pandémie se nourrit du nombre de contacts que nous avons, rappelle-t-il. Est-ce qu’on peut organiser des Fêtes à 10 personnes ou trois foyers en maintenant la distanciation et diminuer le risque de transmission dans les milieux familiaux? Ce n’est pas impossible, mais c’est préoccupant.»

«Je pense que le gouvernement étudie toutes les options, car on veut que les gens puissent savoir (ce qui se passera) pour le temps des Fêtes. C’est souffrant de ne voir personne dans nos foyers actuellement.»

L'enjeu, selon Dr De Serres, c’est qu’une nouvelle vague de cas déferle sur la province au lendemain du congé de Noël. 

 Écoutez le journaliste Alexandre Dubé avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio: 

«Nous sommes sur un plateau tolérable, mais assez élevé. Est-ce que cela donnera un élan qui augmentera les cas de façon substantielle? Je dirais que là c'est une grande préoccupation.»

Ledit plateau se manifeste depuis le début d’octobre, mais il varie d’une région à l’autre. Ceci impose un dilemme au gouvernement, qui s’alarme notamment de la flambée de cas dans Chaudière-Appalaches et au Saguenay-Lac-Saint-Jean. 

«Il y a des régions où ç’a diminué et d’autres où ç’a augmenté. Globalement dans la province, on reste collé autour de 1000 à 1300 cas quotidiens depuis déjà plusieurs semaines», note Dr De Serres. 

Quel est le seuil tolérable?        

L’autre problème que poserait de possibles rassemblements à 10 personnes, c'est la quantité. Quel est le seuil tolérable d’apéros, soirées ou brunchs pour ne pas favoriser une transmission communautaire inquiétante? 

«C’est une situation qui pourrait être problématique. Si, au total, le nombre de personnes qu’on voit finit par être le même, mais qu’il est entrecoupé - trois heures avec un, trois heures avec l’autre -, le virus ne s’occupe pas de nos règlements. Si on lui donne la capacité de se transmettre, il va se transmettre.»

«Oui on peut respecter à la lettre la consigne donnée, sans minimiser le nombre de contacts propices à la transmission. Je pense que depuis le début de la pandémie, les décisions du gouvernement sont pour essayer d’équilibrer toutes les valeurs, soit de travailler et de voir les gens qu’on aime sans congestionner le système de santé.

«C’est un équilibre difficile à maintenir.»

En ce sens, le Dr De Serres reconnait le dilemme social, puisque la période des Fêtes est emblématique de retrouver ses proches. 

«Les gens sont essoufflés de ne pas avoir de contacts sociaux, estime-t-il. C’est une période où on voudrait retrouver les gens qu’on aime.»