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Jeune autiste accusé de meurtre: il voulait «arrêter», mais il était «trop fâché»

Kathleen Frenette | Journal de Québec

Romolo Tavani - stock.adobe.com

Lorsqu’il frappait sa mère à coup de couteau, le jeune autiste qui subit présentement son procès en chambre de la jeunesse, aurait «voulu arrêter», mais comme il était «trop fâché», il en a été incapable.  

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C’est ce que l’on apprend en lisant le rapport d’évaluation du docteur Guillaume Dubeau, pédopsychiatre au Centre hospitalier de l'Université Laval (CHUL), qui a eu à évaluer le jeune Jérémy (prénom fictif) au lendemain des tristes événements survenus en février 2019 dans un appartement de Limoilou.  

Moins de 24 heures après avoir assassiné sa mère, le jeune homme alors âgé de 17 ans a été mené devant le médecin spécialiste qui a noté que le patient était «calme et collaborant» et qu’il essayait de répondre «au mieux» aux questions qui lui étaient posées.  

Regret 

«D’emblée, le patient me dit qu’il va bien, mais qu’il regrette ce qu’il a fait et qu’il est un peu déçu», a noté le Dr Dubeau. «J’ai pris un couteau, je l’ai planté dans le cou à maman, elle a perdu tout son sang, elle est morte», a-t-il ajouté. 

Selon ce qui est noté au rapport du médecin, Jérémy lui aurait mentionné avoir fait une crise impulsive lorsque sa mère lui a demandé de lâcher son Ipod.  

En premier lieu, il a indiqué avoir frappé sa mère à coup de poing et à coups de pieds et, malgré qu’elle lui ait demandé d’arrêter, le jeune homme en a été incapable.  

Certains renseignements provenant des intervenants qui travaillaient à la résidence d’assistance continue (RAC) où Jérémy habitait ont également été inscrits au rapport du pédopsychiatre.  

On y mentionne qu’au cours des dernières semaines, Jérémy était stable «malgré quelques crises avec agitation et bris de matériel» et que le jour du drame, au moment de quitter la RAC avec sa mère, il était «calme et content».  

«En fin d’entrevue, le patient redit qu’il regrette son geste et se dit conscient qu’il est trop tard», conclu le pédopsychiatre. 

Preuve close 

Après avoir déposé ce rapport de huit pages à la Cour, le poursuivant, Me Hugo Breton, a mis fin à la preuve de la Couronne.  

La semaine prochaine, deux experts psychiatres seront entendus pour expliquer à la juge Fannie Côtes les conclusions qu’ils ont tiré de leur rencontre avec le jeune homme. 

Rappelons qu’en raison de la gravité de l’accusation, le poursuivant a déjà fait savoir qu’il entendait demander une peine d’emprisonnement pour adulte si jamais Jérémy était trouvé criminellement responsable. 

Si un verdict de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux était prononcé, c’est le Tribunal administratif du Québec (TAQ) qui serait alors chargé des mesures d’encadrement.