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Le centre d’injection supervisé de Québec sera dans Saint-Roch

Photo Pierre-Paul Biron

Le centre d’injection supervisé attendu depuis plusieurs années à Québec aura finalement pignon sur rue à la limite des quartiers Saint-Roch et Saint-Sauveur, dans les locaux actuels de la clinique SABSA.

Le CIUSSS de la Capitale-Nationale et la Clinique SABSA ont annoncé la nouvelle en point de presse mercredi après-midi.

Le service de consommation supervisée (SCS) sera implanté sur la rue Saint-Vallier Est, là où la clinique SABSA recevait ses patients. C’est donc dire que les locaux principaux de SABSA déménageront aussi après plusieurs mois de démarches. Selon les premières informations, la clinique déménagera dans le secteur à l’angle des rues de la Couronne et du Prince-Édouard.

«La relocalisation de la clinique SABSA, un endroit déjà bien connu des usagers, a offert une opportunité d’implantation sans précédent pour l’ensemble des partenaires du projet», souligne la direction du CIUSSS de la Capitale-Nationale, qualifiant le site «d’avantageusement situé à la jonction des quartiers Saint-Sauveur et Saint-Roch».

Autre avantage marqué, ces locaux déjà existants permettront d’éviter la mise en place de services temporaires dans de l’équipement mobile.

Prêt en février 2021

SABSA et le CIUSSS visent pour le moment une mise en opération du site de consommation supervisée en février 2021.

Cette ouverture marquera l’aboutissement d’un dossier qui n’en finissait plus de finir pour la santé publique et le milieu communautaire de Québec. Un rapport publié en 2015 soulignait déjà l’importance pour Québec de se doter de ce type d’installation.

«L’accès à des services de consommation supervisée [...] est un besoin reconnu et documenté depuis plusieurs années. Dans le contexte sanitaire actuel, l’ampleur des enjeux de consommation ainsi que l’augmentation recensée des surdoses confirment la nécessité́ d’implanter, à très court terme, des SCS sur notre territoire», insiste Claudine Lemay, directrice adjointe à la direction des programmes santé mentale et dépendances, CIUSSS de la Capitale-Nationale.

Besoin sans équivoque

Les problèmes liés à la consommation de drogues à Québec et les besoins pour un centre d’injection supervisée sont devenus de plus en plus évidents au cours des dernières années. Tant le CIUSSS que la ville et le SPVQ ont reconnu l’urgence de la situation au fil des ans.

De 2008 à 2019, 23 décès par intoxication sont survenus en moyenne à Québec. La moitiés de ces morts impliquaient des opioïdes, comme le fentanyl.

Quant aux signalements pour des surdoses non mortelles, la santé publique en a colligé une moyenne de 52 par année depuis 2017. La majorité provenaient des quartiers centraux de Québec comme la Basse-Ville, Saint-Sauveur, Vanier et Limoilou, d’où l’importance de demeurer dans ce secteur.

«Grâce à notre ancrage dans la communauté, nos intervenants ont su bâtir des relations de confiance avec les patients. [...] En ces lieux, nous poursuivrons notre mission : réaffilier les gens les plus vulnérables», fait remarquer Amélie Bédard, directrice générale de la Clinique SABSA.