/news/currentevents

Un homme «dangereux sans sa médication» aurait tué son père

Erika Aubin et Michael Nguyen

Gennaro Calabrese

Photo Erika Aubin

Un mois après être sorti de prison, un homme déjà qualifié par une psychiatre de « dangereux sans sa médication » aurait battu à mort son père de 93 ans dans le petit duplex du quartier montréalais de Ville-Émard, où ses parents habitaient depuis près de 35 ans.

Giuseppe Calabrese, 64 ans, a brièvement comparu par visioconférence mardi pour le meurtre de son père, Gennaro Calabrese, le 23e à survenir à Montréal cette année.

Le sexagénaire, qui a été accusé de meurtre prémédité, semblait désorienté et à la fin de l’audience, il a lancé qu’il n’avait « rien compris » au policier qui l’escortait.

Calabrese était sorti de prison il y a un mois pour une histoire de vol qualifié avec une arme à feu qui remonte à 2016.

Le barbier de formation a aussi eu d’autres démêlés avec la justice dans le passé. 

En 2006, il s’était fait arrêter pour s’en être pris au propriétaire du salon où il travaillait, en le menaçant de mort ainsi que sa famille. Il lui avait également volé de l’argent.

En raison de ses troubles mentaux, Calabrese avait été déclaré non criminellement responsable de ses gestes. 

« Sans sa médication, il devient dangereux », avait noté une psychiatre qui l’avait examiné en 2007. Un autre psychiatre lui avait diagnostiqué un trouble affectif bipolaire en phase de manie psychotique. 

Coke et pot

« On note également l’abus de cocaïne et de cannabis depuis plusieurs années », avait écrit le professionnel, en 2007, dans un rapport que Le Journal a pu consulter. 

Il était resté deux ans sous le joug de la Commission d’examen des troubles mentaux, avant d’être libéré inconditionnellement, n’étant plus considéré comme dangereux.

Cette fois-ci, Calabrese aurait battu à mort son père avec un objet contondant.

C’est une aide-soignante, venue s’occuper de la femme de la victime qui souffre d’Alzheimer, qui a découvert le corps dans la résidence familiale de la rue Dumas. 

Compte tenu de l’âge de Gennaro Calabrese, trouvé au pied d’un escalier, les enquêteurs ont d’abord envisagé la thèse d’un accident. 

Or, certains éléments découverts sur la scène ont attiré leur attention et ils ont finalement établi que le nonagénaire avait été victime d’un meurtre.

Le papi du quartier

L’homme originaire de l’Italie était très connu dans le quartier Ville-Émard, où il résidait depuis des décennies. Il avait l’habitude de saluer les passants en faisant sa marche ou lorsqu’il s’asseyait sur son balcon avec sa femme, ont raconté au Journal ses voisins.

« L’été, il cultivait son jardin et m’offrait des tomates. Parfois, je l’aidais avec des petites tâches. En retour, il m’offrait une bouteille de vin », a évoqué Julien Boisseau. 

« Il était comme le papi du quartier. Il nous apportait des tomates. Il était toujours très sympathique », a ajouté Raphaëlle Le Pors.

– Avec Maxime Deland, Agence QMI