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Violence sur son enfant: la Couronne demande une peine de trois ans

Julien Garon-Carrier | Agence QMI

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Paul - stock.adobe.com

Un homme de 24 ans encourt une peine de trois ans de pénitencier pour avoir violenté son enfant en 2017, alors âgé de deux ans, a-t-on appris mercredi au palais de justice de Saint-Joseph-de-Beauce, dans Chaudière-Appalaches.

L’opérateur de machinerie lourde avait plaidé coupable à une accusation de voie de fait avec lésions le 1er avril 2019. Pour ce crime, son avocat, Me Daniel Cliche, demande une peine d’emprisonnement de 90 jours à purger les fins de semaine, 240 heures de travaux communautaires et une probation de deux ans ou plus.

Ceci apparaît très peu dissuasif aux yeux de la procureure de la Couronne, Me Lisa Carozza, qui préconise une peine de détention ferme. Tout comme le risque de récidive, la gravité du crime commis doit être prise en considération, allègue-t-elle, réclamant pour sa part trois ans d’emprisonnement.

Le délinquant a asséné de trois à quatre coups de poing à l’enfant, lui provoquant des fractures aux côtes. Lors d’un autre épisode de violence, il l’a agrippé par les épaules et l’a serré avec tant de force que l’enfant s’est retrouvé avec des bleus sur les épaules. Me Carozza a aussi relaté devant la cour, mercredi, la présence d’ecchymoses sur le torse de l’enfant, sur son visage ainsi que sur ses fesses.

En témoignage mercredi matin, l’agresseur s’est révélé peu loquace à propos de ses remords. Il a toutefois affirmé ressentir des regrets et de la honte et craindre l’opinion des autres concernant la nature de ses gestes.

Mais, il aura fallu que son avocat lui pose directement une question pour qu’il verbalise de l’empathie envers la victime.

Cette petite victime qui, dit-on, fait aujourd’hui de nombreux cauchemars, de nombreuses crises et frappe ses toutous. «Elle reproduit simplement ce qu’elle a vécu», a soutenu Me Carozza.

En outre, le rapport présentenciel stipule que le jeune homme a complété une thérapie de 24 rencontres pour la gestion de la violence. Ce rapport mentionne aussi qu’il ne présente pas une «structure délinquante».

Me Cliche, de la défense, qualifie la peine demandée par la Couronne d’inappropriée et de sévère. «Je pense que c’est une personne qui a besoin d’aide», a-t-il affirmé en parlant de son client, ajoutant qu’il ne croyait pas que la société serait bien servie par l’imposition d’une peine aussi dissuasive que celle demandée par la Couronne.

Le criminel doit revenir devant le tribunal le 15 février 2021, afin de connaître la sentence que la juge de la Cour du Québec, Rachel Gagnon, prononcera à son égard.