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Procès terminé pour Rozon, décision le 15 décembre

Michael Nguyen | Journal de Montréal

Le procès de Gilbert Rozon s'est terminé jeudi après-midi au terme des plaidoiries des deux parties. La juge Mélanie Hébert a annoncé qu’elle rendra sa décision le 15 décembre, à 14h30.

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Le procureur de la Couronne Me Bruno Ménard a entamé ses plaidoiries en revenant sur le témoignage de la présumée victime.

«Ce n’est pas parce que la plaignante ne se souvient pas d’un menu détail, comme un bouton qui a sauté il y a 40 ans, que ça ne justifie pas une condamnation», a-t-il plaidé. 

Quand on analyse le témoignage de Gilbert Rozon à la lumière de l’ensemble de la preuve, la seule conclusion est qu’il est coupable hors de tout doute raisonnable, a affrimé la Couronne.  

La Couronne a terminé sa plaidoirie en demandant la condamnation de Gilbert Rozon pour viol et attentat à la pudeur. 

Cours sur le consentement  

Gilbert Rozon a eu droit à un cours sur le consentement lors de son arrivée au palais de justice de Montréal pour la suite de son procès jeudi après-midi, gracieuseté d’un collectif qui avait déjà accueilli le magnat de l’humour déchu lors de sa dernière audience à la cour au début du mois.

« On veut encore une fois montrer aux survivant(e)s des crimes sexuels et conjugaux qu’on les croit, que nous sommes là et que nous nous battrons pour que justice soit rendue », a affirmé par voie de communiqué Coralie LaPerrière du collectif « wake up calice ».

Pour ce groupe, accueillir Gilbert Rozon juste avant les plaidoiries de la Couronne est d’autant plus significatif qu’en début de semaine, la Cour suprême du Canada a refusé d’entendre la cause des Courageuses.

Ce regroupement de femmes affirme que chacune d’entre elles a été agressée par le fondateur de Juste pour rire, entre 1982 et 2001. Elles voulaient intenter contre lui une action collective de plus de 10 millions $, mais la demande a été refusée par la Cour d’appel, car il n’y avait pas assez de similitudes entre chaque cas pour justifier de prendre cette avenue judiciaire.

« La dénonciation, c’est trop souvent un combat où on peut se sentir extrêmement seul(e)s », a renchéri Mme LaPerrière.

Dernier sprint  

Rozon, 66 ans, est de retour à la cour aujourd’hui pour assister aux plaidoiries de la Couronne, à son procès pour viol et attentat à la pudeur. Selon la poursuite, l’ancien homme d’affaires avait commis ces crimes sur une employée de station de radio en 1980, dans une maison des Laurentides.

« Je me souviens de l’oppression, du lâcher-prise, de me dire de penser à autre chose et que ça va se finir », avait témoigné la plaignante, qui avait à l’époque 20 ans.

Lors des plaidoiries de la défense au début du mois, les avocats de Rozon, dont Me Pierre Poupart, avaient tout fait pour démonter la crédibilité de la femme, en assurant que « les événements ont été marqués du sceau du respect et de la courtoisie ».

Dans son propre témoignage, l’ex-magnat de l’humour avait assuré avoir respecté le consentement quand la plaignante l’avait repoussé. Et contrairement à cette dernière affirmant avoir été violée par la suite, dans sa chambre alors qu’elle dormait, Rozon a juré que c’était la femme qui était venue le rejoindre dans son lit.

«Je n’inventerais pas une histoire comme ça, c’est la vérité, c’est ce que j’ai vécu», avait-il dit.