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Pas facile être parent en temps de pandémie

Dre Geneviève Beaulieu-Pelletier

Être parent est exigeant. Être un parent en pandémie est encore plus exigeant. Puissent ces mots rejoindre chaque parent qui se sent déçu dans sa quête d’être un parent parfait.  

Être parent. Accompagner son enfant. Vouloir être présent pour lui. Vouloir être disponible, ouvert à l’expérience de notre enfant, accueillant dans toutes ses émotions exprimées, mais avoir en parallèle nos limites, notre bagage, nos réactions, nos incompréhensions. Accompagner son enfant en fonction de nos valeurs, nos aspirations et nos convictions... mais de nos peurs aussi et de nos failles. 

Nous commettrons des erreurs   

Par moments, nous serons trop peu présents, trop peu disponibles. À d’autres moments, nous serons trop présents, trop impliqués, trop vigilants. Nous commettrons des erreurs, nous regretterons une parole, une réaction, un manque d’action ou une absence de démonstration d’affection. Souvent, nous prendrons conscience beaucoup plus tard de la portée de notre façon d’être ou de ne pas être avec notre enfant. 

Nous nous en voudrons de ne pas avoir été à la hauteur. De ne pas avoir été un parent idéal. De ne pas avoir été le parent qui se montre disponible, à l’écoute, d’humeur égale, stable, souriant, performant, équilibré, qui joue avec son enfant, lui fait des repas sains, des activités éducatives... la trousse du parfait parent. 

Mais cette course pour être le parent parfait est vouée à l’échec et à la souffrance. À la souffrance du parent et à celle de l’enfant. Position insoutenable pour le parent qui se perd à travers cet idéal. Position illusoire pour l’enfant qui ne peut faire face à la réalité. L’enfant apprend que l’autre sera toujours là pour lui, que ni lui ni l’autre n’a de faille, que lui-même doit être parfait. La réalité est d’autant plus frustrante et souffrante lorsque l’enfant sera confronté à la réalité imparfaite en grandissant. 

L’équilibre se trouve dans l’imperfection de la réalité. Être un parent suffisamment bon. Suffisamment authentique, suffisamment présent, suffisamment adéquat. Se donner le droit à l’erreur. Se laisser le droit d’apprendre. Tout comme nous laissons à notre enfant le droit d’apprendre. 

C’est au sein de nos failles, de nos erreurs, de nos faux pas que notre enfant expérimentera la réalité, qu’il pourra avoir l’espace pour réagir, être en désaccord, se différencier. En étant suffisamment bon, nous permettons à notre enfant de ne pas vivre dans l’illusion de la perfection, dans l’illusion d’un monde « tout bon » dans lequel il serait à l’abri des obstacles et des difficultés. 

Tolérer l’échec   

En étant un parent suffisamment bon, nous permettons à notre enfant d’être un enfant suffisamment bon à son tour. Un enfant qui pourra apprendre de ses erreurs. Qui pourra tolérer l’échec. Un enfant qui affrontera les difficultés inévitables de l’existence et se relèvera plus fort, plus confiant en ses capacités. Un enfant qui pourra construire les bases de sa résilience. 

Être parent. 

Suffisamment. 

Dre Geneviève Beaulieu-Pelletier, Psychologue Professeure associée, Université du Québec à Montréal

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