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Temps des Fêtes: le «contrat moral» ne fait pas l'unanimité

Jean-François Racine | Journal de Québec

Conférence COVI-19 - Coronavirus

Photo POOL Josie Desmarais / Journal Métro

Partout à travers la province, le «contrat moral» du premier ministre Legault pour Noël ne fait pas l’unanimité, particulièrement au sein du personnel médical. 

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La décision de permettre des rassemblements familiaux de dix personnes seulement du 24 au 27 décembre ne convient pas à tous. 

«Triste de voir que le personnel médical n'est pas considéré, surtout qu'on doit travailler une fête sur deux. On aurait dû avoir deux jours à Noël et deux autres jours pour le jour de l'An. La question mérite d'être soulevée à nos élus», affirme Pascal Chabot, infirmier d’urgence à l’Institut de Cardiologie de Montréal. 

«Et le confinement avant et après pour les travailleurs de la santé, on fait ça comment?», a aussi lancé une urgentologue de Lévis, dans Chaudière-Appalaches. 

«Dans la police tu dois souvent choisir entre Noël et le jour de l’An. Il faut penser à ceux qui sont sur des quarts de relève», a également mentionné un sergent retraité de la police de Laval. 

Du mécontentement  

Signe que bien des gens ont atteint leur limite personnelle, les réactions ont été très nombreuses. 

«Jusqu’à présent M. Legault, je suivais les règles, mais vos anges gardiens qui travaillent du 24 au 27 décembre, pensez-vous qu’ils s’empêcheront de fêter Noël une autre date?» a demandé une autre travailleuse. 

En soirée jeudi, la grogne n’était pas seulement dans le domaine de la santé. 

«Plus ils interdisent, plus ils choisissent, plus ils dictent, moins on va les écouter. Je ne signerai pas leur contrat parce que le gouvernement n’a pas affaire dans ma maison. Au jour de l’An, ça va fêter comme jamais», croit Lydia Légaré, de Saint-Étienne, près de Québec. 

En accord  

D’autres Québécois sont beaucoup moins sévères à l’égard des mesures annoncées. 

«C'est une bonne chose parce que les gens le feront de toute façon. L'encadrer d'une période de quarantaine c'est une bonne idée. Les règles sont claires mais seront-elles respectées? Allons-nous le regretter? Probablement, mais les gens en ont vraiment besoin. Il n'y a pas d'équilibre parfait», indique Annick Veilleux, de Saint-Georges. 

«Je suis en accord avec le contrat moral mais il faut être très mature afin de respecter les diverses clauses. Les moments avec nos familles sont plus rares depuis le début de la pandémie et ces liens sont très précieux pour le réconfort», a ajouté Annie Girard, du Saguenay-Lac-Saint-Jean, une région durement touchée en ce moment. 

Le Journal a également recueilli une réaction à Lac-Mégantic.  

«Je ne prendrai pas de risque. Je comprends les besoins sociaux et l’importance de cette fête mais pour moi, pas au détriment de la santé de ceux que j’aime. Comme employeur, j’ai aussi beaucoup de craintes pour le début de 2021 si les employés ne font pas attention», a commenté Dominique Bilodeau.

En Gaspésie, dans la Baie-des-Chaleurs, un père de famille prépare, malgré les règles sanitaires, un Noël à son goût. 

«Le 24, on part en raquette dans le bois et on fait notre réveillon en FaceTime avec la famille. Pas besoin de notre gouvernement pour dicter notre conduite. Nous sommes conscients que nos actions peuvent faire la différence», a notamment expliqué Marc-Wayne Addison.

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