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Une mère abuseuse pourrait se retrouver derrière les barreaux

Julien Garon-Carrier

Une jeune mère de famille risque une peine de 18 mois de prison pour avoir incité sa fillette de moins de deux ans à des contacts sexuels avec son ex-conjoint, ainsi que pour lui avoir elle-même fait des attouchements.

«Je trouve ça dégueulasse, je me sens comme une merde. Mes enfants n’auront plus leur mère en vieillissant. C’est grave», a déclaré la femme de 23 ans en pleurs devant la cour, jeudi, au palais de justice de Saint-Joseph-de-Beauce, lors des plaidoiries.

La résidente de Lévis possède un lourd passé de toxicomane. Elle consommait déjà des drogues fortes à l’âge de 12 ans. Elle a toutefois fait plusieurs thérapies et a démontré une volonté de se prendre en main depuis les événements de mars 2019, pour lesquels elle a plaidé coupable quelques mois plus tard.

Pour ces raisons, l’avocat de la défense, Me Daniel Cliche, estime «qu’on ne doit pas lui imposer une période privative de liberté», mais qu’on doit plutôt «lui apporter de l’aide». Il demande une peine de travaux communautaires, ainsi qu’une probation de trois ans avec un suivi de deux ans.

Du côté de la Couronne, Me Marie-Andrée Veilleux, suggère plutôt qu’une peine d’emprisonnement ferme de 18 mois est à privilégier dans ce dossier. Me Veilleux identifie des facteurs aggravants, notamment que la mère représente la figure de confiance ultime pour un enfant de cet âge et que l’abus de confiance est criant dans le cas présent. Le très jeune âge de la victime entre aussi dans l’équation, ainsi que le risque de récidive, qualifié de «bien présent» dans le rapport présentenciel. À cela s’ajoutent les conséquences pour la petite victime, laquelle présente déjà des comportements sexualisés, a révélé Me Veilleux.

«C’est rare dans la jurisprudence qu’une mère abuse son enfant, mais ce n’est pas moins grave que lorsque c’est le père», a affirmé la procureure de la Couronne.

Les motivations de la délinquante restent somme toute nébuleuses. Le rapport sexologique révèle que son profil ne présente pas d’intérêt pédophile, même si elle a masturbé sa fillette, mais plutôt «une moralité sexuelle élargie et une dépendance affective malsaine», a-t-on appris en cour, jeudi.

Ce même rapport affirme que la jeune mère voulait tester son conjoint de l’époque, «pour voir s’il était pédophile». Il faut noter aussi qu’elle était gravement intoxiquée au moment des faits.