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Aide aux victimes d’abus en sports: «Une réponse directe à des histoires horribles»

Roby St-Gelais | Agence QMI

L’officier indépendant créé par le gouvernement du Québec pour protéger les athlètes en cas d’abus et d’harcèlement aura le pouvoir d’exclure un entraîneur abuseur et d’alerter la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) lorsqu’un mineur est impliqué. 

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Tel que dévoilé par Le Journal, vendredi, la ministre déléguée à l’Éducation, Isabelle Charest, a annoncé la création d’un officier indépendant pour le traitement des plaintes qui est enchâssé dans une nouvelle politique pour contrer les abus et le harcèlement dans les sports. 

L’investissement totalisant 1,4 million $ comprend aussi un soutien prolongé à la Chaire de recherche en sécurité et intégrité en milieu sportif de l’Université Laval ainsi qu’un financement additionnel à l’organisme Sport’Aide pour accompagner les jeunes sportifs victimes d’épisodes de violence. 

«Cet énoncé, c’est une réponse directe à des histoires terribles qui ont terni le parcours de plusieurs athlètes. Je pense notamment au tristement célèbre cas Bertrand Charest, qui nous a tous indignés», a déclaré la ministre Charest, elle-même une ancienne patineuse de vitesse sur la scène internationale.

En dehors de la fédé  

L’officier indépendant sera sous la supervision du Regroupement Loisir et Sport du Québec (RLSQ), qui aura le mandat de gérer les plaintes d’athlètes de toutes les fédérations sportives, peu importe le niveau des athlètes impliqués.

Les dossiers d’agressions sexuelles devront être rapportés à la police. Les sanctions prévues par les fédérations pourraient aussi être appliquées en fonction de la nature des plaintes par l’entremise d’un comité d’experts. À l’heure actuelle, les plaintes sont traitées selon une «géométrie variable» par les différentes fédérations sportives, selon la ministre.

Photo Agence QMI, Mario Beauregard

«Les plaintes ne se faisaient pas par peur de représailles. Ceux qui traitaient les plaintes étaient directement impliqués dans le sport, et pour un athlète, ça pouvait vouloir donner comme perception que l’athlète serait écarté de l’équipe. Avec un mécanisme qui est complètement à l’extérieur de la fédération, ça va générer beaucoup de confiance pour les athlètes [...]», a assuré la triple médaillée olympique en conférence de presse.

Les victimes pourront déposer une plainte en ligne en remplissant un formulaire qui sera bien identifié sur le site de toutes les fédérations. Elles pourront aussi passer par Sport’Aide via une ligne d’écoute.

«Ce qui est important, c’est d’avoir un pouvoir de dénonciation de la part de nos victimes. De ne pas attendre des années pour régler des situations néfastes dans notre domaine du sport», a signalé le président-directeur général du RLSQ, Sylvain B. Lalonde.

Mandat inclusif  

Même si les athlètes évoluant au sein de fédérations canadiennes ne sont pas sous la juridiction du ministère provincial, ils ne seront pas laissés pour compte par cette nouvelle politique.

«C’est important de lancer le message à l’ensemble des athlètes québécois qui s’entraine au Québec qui sont sur la scène nationale ou internationale que cette place sera aussi ouverte pour porter plainte.

«La seule différence, c’est qu’on va déterminer le champ de compétences [...] S’il est de niveau national, on va interpeller les fédérations nationales de la situation. On ne laissera pas tomber les athlètes», a promis M. Lalonde.

La ministre a indiqué que des discussions étaient en cours avec le fédéral à ce sujet. Président d’AthlètesCAN, l’association des athlètes des équipes nationales, Pierre-Luc Laliberté espère qu’un mécanisme semblable verra le jour pour l’ensemble du pays.

«Il sera intéressant de voir l'arrimage entre ce mécanisme provincial et le mécanisme national lorsqu'il sera en place. J’ai l’impression que le Canada est quelques mois en arrière du Québec. Un rapport est censé sortir bientôt sur le modèle recommandé au niveau fédéral [...] C’est une bonne nouvelle pour les athlètes québécois, car il y a une crainte que si tu lèves la main, ça aura un impact négatif sur ta carrière», a-t-il confié à l’auteur de ces lignes.

Par ailleurs, Mme Charest a bon espoir que la pratique sportive chez les jeunes recommence avant le mois de janvier en zone rouge. «Il y a des adaptations qui sont encore possibles. On travaille avec la Santé publique pour une petite reprise.»

DES POUVOIRS ACCRUS POUR CONTRER LES ABUS        

  • La DPJ informée de tous les cas impliquant des mineurs    
  • Cas d’agressions sexuelles rapportées à la police    
  • Exclusion d’un entraîneur actif pendant la durée des procédures    
  • Offre de médiation dans certains cas     
  • Audition pour les parties impliquées    
  • Sanctions recommandées par un comité indépendant        

1,4 M$ au total  

  • 800 000$ pour des projets de recherche touchant les violences en sports    
  • 850 000 $ pour une pratique saine et sécuritaire en pandémie    
  • 187 500 $ pour Sport’Aide