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Avec de graves séquelles, elle appelle à la prudence

Hugo Duchaine | Journal de Montréal

Une Montréalaise qui vit avec de lourdes séquelles de la COVID-19 implore les Québécois de faire preuve de la plus grande prudence pendant le temps des Fêtes.

« La seule affaire que vous voulez vraiment pas, c’est ce que j’ai. Vous ne voulez pas passer des semaines et des mois à essayer de remonter d’une maladie de fou. Vous ne voulez pas que vos parents aient ça, et même pire », lance Violaine Cousineau, d’une voix faible, à bout de souffle, dans une vidéo partagée sur Facebook.

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Elle a lancé cet appel à la prudence avant même que le gouvernement Legault annonce hier le « contrat moral » qu’il propose aux Québécois.

Car elle savait bien que, quelle que soit la décision prise par les autorités, elle ne ferait pas l’unanimité et surtout, elle n’aurait rien à voir avec les partys de Noël d’avant.

« C’est un bon plan. Il y a vraiment un souci d’assurer d’abord et avant tout la sécurité », dit-elle, à la suite de la conférence de presse. Elle y voit cependant un risque, si les personnes multiplient les rassemblements pendant les quatre jours où ils seront permis.

Le jeu n’en vaut pas la chandelle, leur dit-elle.

Âgée de 46 ans, en bonne santé et en grande forme physique, elle ne craignait pas la COVID-19. 

Contractée par sa fille  

Mais elle a contracté la maladie, infectée par sa fille adolescente à la suite d’une éclosion dans son école secondaire. Pour ses enfants, le coronavirus s’est apparenté à un rhume.

Mme Cousineau a quant à elle ressenti de douloureux symptômes, comme de la fièvre et une grosse toux. Elle était incapable de sortir du lit pendant près de trois jours.

Heureusement, elle n’a jamais eu besoin d’être hospitalisée. Elle pensait ainsi qu’elle pourrait laisser le virus derrière elle, une fois guérie.

Lourdes conséquences  

Pourtant six semaines plus tard, les séquelles sont lourdes de conséquences.

« Je n’ai pas de souffle, je ne peux marcher », explique-t-elle. D’ailleurs, après seulement sept minutes au téléphone avec Le Journal elle avait presque entièrement perdu la voix.

« Je marchais des kilomètres toutes les fins de semaine, puis là, je ne peux plus me rendre au coin de la rue, je marche avec une canne. Je ne peux pas monter et descendre des escaliers », poursuit la professeure de français au cégep en congé maladie.

Ancienne commissaire scolaire, elle avait été l’une des farouches critiques du gouvernement Legault, dénonçant notamment sa Loi sur la laïcité.

Aujourd’hui, elle reconnaît néanmoins l’effort déployé pour assurer la santé et la sécurité des Québécois. Par contre, elle aimerait davantage de mesures pour protéger les élèves dans les écoles.