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«C’est terrible, une tragédie»

TVA Nouvelles

À une période de l’année où les réservations affluent normalement, les restaurateurs vivent des jours sombres. Ils broient du noir.

Salles à manger fermées, clientèle imprévisible et voués à un avenir des plus angoissants, les tenanciers de restaurants ne l’ont jamais eu aussi dur. Si la situation est déjà intenable pour plusieurs commerçants, la situation ne fera qu’empirer, croit le chef Jérôme Ferrer.

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«C’est un mélange d’émotions. Que dire de plus? C’est terrible, une tragédie en restauration. On aura tous besoin d’une aide rapide et urgente, prévient le propriétaire du Restaurant Jérôme Ferrer – Europea.

«Nous sommes laissés à nous-mêmes et sans aucune aide, malgré les belles paroles du gouvernement. La majorité d’entre nous n’a pas reçu le soutien financier. Pendant ce temps, les factures s’accumulent.»

Les restaurateurs déplorent que le gouvernement Legault permette à des commerces d’alimentation ou de grandes chaînes de magasins de demeurer ouverts. Ferrer est parmi ceux qui croient fermement que ceux-ci ont un rôle dans la transmission communautaire.

«On a le droit de se retrouver sous le toit d’un Wal-Mart avec 1500 personnes qui touchent aux emballages, mais nous on n’a pas le droit de recevoir 15 ou 20 personnes dans nos établissements.»

Pendant ce temps, les restaurants, bars et cafés devront demeurer fermés - pour ce qui est des salles – au moins jusqu’au 11 janvier. Ferrer n’y comprend rien et déplore que les restaurateurs écopent.

«On nous a fait croire pendant longtemps qu’on était des partenaires essentiels pour participer au rayonnement du Québec sur le plan culinaire à travers le monde. Aujourd’hui, on est laissés à nous même.

«C’est triste et difficile à accepter, car c’est une mort à petit feu.»

«Mise à mort»

Ferrer y est allé d’une métaphore filée pour mieux illustrer son propos et la réalité à laquelle les artisans du milieu sont contraints.

«Quand vient le moment d’une fin de vie à l’hôpital, on bénéficie d’un soutien ou d’un accompagnement, ne serait-ce que psychologique. Pour l’instant, nous assistons à notre propre mise à mort sans aucun recours.»

La semaine dernière, les dirigeants de l'Association des restaurateurs du Québec (ARQ) disaient avoir reçu plusieurs appels de leurs membres qui se plaignaient de ne pas avoir reçu les sommes promises.

«Lorsque viendra le moment de relancer l’économie, on nous appellera à la rescousse pour enfourner les caisses de l’Était, on deviendra des acteurs essentiels. 

«Ce n’est pas pour demain et la moitié de nos confrères vont disparaître. Certains ont déjà disparu. C’est aujourd’hui qu’on a besoin de soutien.»