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Guylaine Tanguay récolte ce qu’elle a semé

Marie-Claude Doyle | Agence QMI

Photo : © artv

Guylaine Tanguay n’a pas l’habitude de chômer, et ce n’est pas parce que les temps sont difficiles que c’est différent. Son album «Country» est de nouveau sur le marché, elle vient de lancer un vidéoclip et elle revient d’Halifax, où elle a tourné la deuxième saison de «Tout simplement country», qui s’est avérée un gros défi.

En mai, Guylaine Tanguay effectuait un tour de force en lançant «Country» en pleine pandémie. L’album, qui était offert avec le magazine «Échos Vedettes Country» du 28 mai au 1er septembre, s’est écoulé à plus de 15 000 exemplaires.

«C’est un succès inespéré, parce qu’on a lancé l’album dans une période où il n’y avait que les services essentiels qui étaient ouverts. Quand on a fait alliance avec “Échos Vedettes Country”, ç’a été une bénédiction, car je voulais que l’album soit sur le marché. Je voulais que ceux qui avaient envie de l’avoir y aient accès. On vient de le ressortir parce qu’il y avait encore énormément de demandes de gens sur Facebook qui cherchaient mon album et qui ne trouvaient plus le magazine.»

Cette fois, le disque est vendu en magasin, sans le magazine.

Inspirée par sa belle-mère

Sur «Country», on trouve notamment la touchante pièce «L’incontournable», dont la chanteuse vient de sortir le vidéoclip sur YouTube. «Cette chanson est très importante parce que, l’année dernière, on a accompagné ma belle-mère, la mère de mon mari, jusqu’à son dernier souffle. Ça faisait deux ans qu’elle avait des cancers qui se sont éparpillés partout dans son corps. Ç’a été un moment très marquant dans notre vie. C’était la première fois que j’accompagnais quelqu’un vers la mort. Cette chanson avait une belle place dans ma tête, dans mon cœur et sur l’album. Quand on l’a lancée, j’ai tellement eu de commentaires sur Messenger et Facebook! Les gens me demandaient si je pouvais leur envoyer le texte. Je me suis dit que cette chanson-là n’était pas juste spéciale pour nous, mais pour bien des gens qui s’approprient l’histoire. Je trouvais que c’était la chanson parfaite pour mettre des images dessus.»

Le vidéoclip a été tourné en septembre, à Rawdon, dans le respect des mesures sanitaires. «On a tourné les scènes intérieures, où je suis avec mes musiciens, au studio de Martin Deschamps, et pour les autres, ce sont des gens qui nous ont ouvert la porte de leur maison.»

Une réalité difficile

Au début de la pandémie, Guylaine Tanguay s’est retroussé les manches en reportant la tournée de son spectacle «Thérapie country», prévue en septembre, au printemps 2021, et en y allant d’un nouveau concept convenant à la situation.

«J’avais adapté une autre formule de tournée, où je pouvais faire des spectacles plus intimes avec seulement mon directeur musical. On s’est revirés de bord rapidement. On a “booké” des shows et on a rempli les salles avec 250 personnes. C’était exceptionnel. Sur scène et pour les gens dans la salle, c’était tellement sécuritaire qu’on oubliait qu’il y avait une pandémie! Maintenant, on se retrouve au point de devoir encore tout annuler dans les zones rouges. Ce n’est pas la période la plus facile, parce qu’on a l’impression qu’on ne s’en sortira jamais. On a été les premiers à arrêter, et on va être les derniers à recommencer. Ce qui me fatigue beaucoup, c’est ma gang: mes musiciens, mes techniciens, qui se retrouvent sans travail. La tournée était “bookée” pour les deux prochaines années, et là, on se retrouve à zéro. C’est pour eux que je m’en fais énormément. On est capables d’être créatifs, de se réinventer, mais en ce moment, on n’a pas le droit de faire ça. Le nouveau phénomène qu’on a en ce moment, c’est que les gens n’ont plus envie d’acheter des billets de spectacle, parce qu’ils sont toujours annulés. C’est une autre réalité qu’on vit.»

Son unique spectacle de Noël

Le 5 décembre, elle donnera son seul spectacle du temps des Fêtes cette année, Noël en toute simplicité, sur le site livedanstonsalon. com. «Je ne pouvais pas m’imaginer ne pas chanter au moins une fois des chansons de Noël avec mes musiciens. Déjà qu’on ne sait pas trop de quoi Noël va avoir l’air. Je vais sortir mes robes brillantes. J’ai tellement hâte, et mes musiciens aussi! Ça va nous faire du bien à nous, autant qu’à ceux qui vont l’écouter.»

Elle promet une belle soirée avec des classiques, des ballades, mais aussi des chansons pour faire le party.

À la rencontre de ses fans

Pour rester en contact avec ses fans, la chanteuse a commencé, le 1er septembre, le projet web «La loge de Guylaine Tanguay», où elle partage des moments exclusifs, dont des vidéos avec ses musiciens, ses recettes préférées et ses trucs santé et beauté. Cinq nouvelles vidéos sont offertes le premier de chaque mois.

«Ça fait partie de la lignée des projets “réinventez-vous”. On s’est demandé comment je pouvais aller à la rencontre des gens, ce que je pouvais leur proposer de différent. Cette plateforme nous a été proposée. Je voulais que ce soit musical et que les gens me connaissent davantage, que ce soit plus personnel. J’aime cuisiner, jaser, faire de la musique. Je suis une personne de famille. Il y a l’espace de ma fille Mary-Pier, qui chante et joue de la guitare. J’essaie des recettes dans ma cuisine. Il y a plein de choses que je ne peux pas manger à cause de ma santé, donc je défais des recettes pour les refaire avec ce que je peux manger. Je fais ça simplement. Je réponds à des messages par mes jasettes, parce que les gens me demandent toutes sortes de choses, comme la marque de mon fond de teint ou de mon mascara, comment je fais pour vivre avec la fibromyalgie. Les gens s’abonnent; c’est 50 $ pour un an.»