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L’urgence d’acquérir de meilleures connaissances pour gérer son argent

Daniel Germain | Journal de Montréal

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On dirait que ça fait deux semaines que ça dure, mais ce n’est pas encore aujourd’hui, le Vendredi fou. C’est la semaine prochaine.

Je me demande si les gens auront l’occasion de se piétiner à l’entrée des magasins cette année...

Non, aujourd’hui, c’est plus discret, s’achève la « semaine de la planification financière ». Vous n’êtes probablement pas au courant non plus, mais on se trouve aussi en plein « mois de la littératie financière ». Oui Madame !

Bon, OK, c’est moins excitant. Ça manque cruellement de « oomph ! » ces affaires-là. Je crois avoir vu passer un communiqué de presse dans lequel une banque, pour marquer le coup, nous rappelait l’importance de ne pas vivre au-dessus de nos moyens. Ça ne risque pas de provoquer la cohue devant ses succursales.

Ah ! Il y a aussi l’Institut québécois de planification financière (IQPF) qui a réalisé un sondage récemment dans le but de mousser le rôle des planificateurs financiers.

Ça n’a pas fait de bruit au-delà d’un média spécialisé (Finance et Investissement) qui titrait, en parlant des résultats de ce coup de sonde : « La méconnaissance financière demeure criante ».

Cette affirmation s’appuyait sur le fait que 66 % des répondants disaient ne pas « disposer des connaissances nécessaires pour planifier adéquatement leur avenir financier ». Inquiétant ?

À mon avis, le titre de l’article aurait dû être : « Le tiers des Québécois surestiment leurs connaissances financières ».

Le conseil financier pour tous

Dans le domaine, je ne veux pas me péter les bretelles (peut-on s’en vanter ?), mais je me classe certainement mieux que la vaste majorité des Québécois, ce qui me permet d’ailleurs d’écrire ici sur le sujet.

Je ne crois pas pour autant détenir les connaissances suffisantes pour planifier tout seul mon avenir financier. L’avenir, c’est souvent surprenant, et les finances, c’est toujours compliqué. On peut facilement se planter.

Bien des chroniques que j’ai écrites sont le fruit de mes interrogations personnelles ou de celles d’un de mes proches. C’est une manière de dire que mon ignorance m’inspire souvent des sujets (et que mes connaissances me suggèrent les bonnes questions).

Ma profession m’ouvre l’accès à quelques-uns des meilleurs experts du milieu financier. D’autres ont un ami médecin qu’ils peuvent consulter à l’apparition du moindre bouton, moi, ce sont des fiscalistes, des actuaires et des planificateurs financiers que je peux appeler chaque fois que je ressens une petite douleur en bas du REER.

Je ne veux pas faire une plogue, d’ailleurs ils ne sont pas tous très bons et plusieurs sont meilleurs à vendre des produits financiers qu’à conseiller, mais pour « planifier son avenir financier », le monde a besoin de conseils de professionnels, pas des banalités comme « vivez en dessous de vos moyens ». On le sait.

Alors, gens de l’industrie, si vous voulez créer un petit buzz dans vos événements de sensibilisation, offrez donc des avis personnalisés à ceux qui n’y ont pas accès habituellement.

La « littératie financière »

On fait tout un plat des carences dans nos connaissances financières, c’est vrai qu’un peu plus de culture en la matière ne peut être que bénéfique : les taux d’intérêt, le fonctionnement du REER, du CELI, du REEE, les tables des impôts... Les grandes lignes.

Ce qu’il faut d’abord maîtriser, ce n’est rien qu’on ne peut pas apprendre à l’école dans les matières traditionnelles : lire, compter, analyser, reconnaître des sophismes, développer son sens critique.

C’est avec ce genre de bagage qu’on réduit les risques de se faire piétiner à 9 h, un Vendredi fou.