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Projet Laurentia: un rapport «incomplet», regrette le Port de Québec

Stéphanie Martin | Journal de Québec

Photo courtoisie Hutchison Ports

Le Port estime que le rapport de l’Agence d’évaluation d’impact sur le projet Laurentia est «incomplet provisoire et nettement perfectible» et a omis plusieurs faits importants. 

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Les autorités de l’Administration portuaire de Québec (APQ) ont convoqué les journalistes vendredi matin pour répondre au rapport préliminaire de l’Agence, rendu lundi, qui concluait que le projet de terminal de conteneurs Laurentia du Port de Québec aura de multiples «effets environnementaux négatifs importants». 

«On ne peut pas comprendre et acquiescer aux conclusions du rapport», a exprimé le pdg du Port, Mario Girard.  

Selon lui, l’Agence a «omis plusieurs faits importants et avance des hypothèses qui ne sont pas soutenues par fait établis». Il ne partage pas les conclusions, notamment sur les impacts sur le poisson, sur son habitat et sur la qualité de l’air. 

M. Girard martèle que contrairement à ce qu’affirme l’Agence, «Laurentia ne présente pas un risque pour la santé humaine». Il a noté les réactions négatives dans la communauté, notamment de la part de deux conseillères d’Équipe Labeaume, Suzanne Verreault et Geneviève Hamelin, qui se sont officiellement et publiquement prononcées contre le projet. Sans commenter les réactions exprimées par ces deux élues dans les médias, M. Girard a indiqué qu’«on a été déçus de voir les sorties un peu rapides. On comprend que ces sorties rapides ont eu un impact sur les préoccupations de la population». Il invite d’ailleurs Mme Verreault à le rencontrer pour lui présenter en détails le projet. 

Il répète que le rapport est plus nuancé que les conclusions qui décrètent des effets négatifs importants. «Il faut lire le rapport.»   

Le pdg a réaffirmé que l’intention de l’APQ est de soumettre par écrit ses contre-arguments au rapport de l’Agence. «On pense que les gens vont comprendre que c’est un beau et un grand projet qui n’aura pas d’impact.» 

«Il faudrait faire attention de ne pas stigmatiser le milieu de Limoilou», a précisé M. Girard. Il a rappelé que la santé publique avait décrété que la qualité de l’air dans le secteur était semblable à tout autre milieu urbain et que le port a une «contribution négligeable» à l’émission de polluants.  

Quant au transport l’APQ a réitéré que les conteneurs seront transportés à 90 % par train et que cela n’amènera que deux passages supplémentaires par jour. «C’est au cœur du modèle d’affaires de Laurentia», a soumis Hugues Paris, directeur principal du projet. Mis à part un autre projet de port au pays, aucune autre installation ne comportera une aussi grande proportion de transport par train, a-t-il précisé. 

Labeaume veut prendre son temps

Plus tôt vendredi matin, le maire Labeaume a répété qu’il n’a toujours pas lu le rapport de l’Agence d’impact, cinq jours après sa publication. « Il y a quelqu’un qui est en train de nous travailler un résumé (...) On va prendre notre temps. Je ne veux pas réagir bien rapidement à tout ça. On va prendre le temps d’analyser. Il n’y a pas de presse». 

Interrogé à savoir s’il hésite à réitérer son appui au projet Laurentia, le maire de Québec a assuré qu’il «n’est pas plus hésitant. Quand tu viens de vivre un rapport du BAPE (sur le tramway), comme on l’a vécu dernièrement, on n’est dans la bonne semaine pour sauter aux conclusions d’un autre rapport sur l’environnement. Ça appelle à une certaine prudence». 

M. Labeaume se dit donc toujours «d’accord avec ce projet-là parce que je pense qu’éventuellement, il faut cesser de transborder du vrac sur les quais». 

– Avec la collaboration de Taïeb Moalla