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Repentigny et Terrebonne peinent à recruter des policiers des minorités visibles

Simon Dessureault | Agence QMI

ARCHIVES/LA FRONTIÈRE/AGENCE QM

Malgré tous leurs efforts, les villes de Repentigny et Terrebonne n’arrivent pas à attirer davantage de policiers des minorités visibles afin de suivre l’évolution de leur démographie.

Au total, à titre d’exemple, les corps de police des deux villes ne comptent que deux policiers noirs sur 288 agents, alors que la population noire est en forte augmentation sur les deux territoires depuis 20 ans.

Le nombre de Noirs à Repentigny est passé de 520 en 2001 à 5880 en 2016, selon le dernier recensement canadien. À Terrebonne, il y avait 310 personnes de cette communauté en 2001 et 7965 en 2016.

À Repentigny, il n’y a aucun Noir parmi les 117 policiers, a admis en entrevue Lison Ostiguy, inspecteur-chef à la division stratégique du service de police. Quatre pour cent des policiers de Repentigny sont toutefois de diverses origines ethniques.

«Ce n’est pas évident de recruter des policiers noirs à Repentigny parce qu’ils sont souvent repêchés rapidement par la SQ [Sûreté du Québec] ou le SPVM [Service de police de la Ville de Montréal], a expliqué Mme Ostiguy. On fait des efforts énormes pour être plus représentatifs de la communauté de Repentigny.»

Mme Ostiguy a ajouté que son service «fait du gros travail auprès du SPVM pour faire des échanges de services entre nos policiers qui pourraient aller travailler dans des postes de quartier où il y a beaucoup de gens des communautés». Elle voudrait aussi qu’à l’inverse des policiers du SPVM issus des minorités puissent être prêtés à Repentigny.

Au Service de police de Terrebonne/Sainte-Anne-des-Plaines/Bois-des-Filion, 15 des 171 agents sont issus des minorités visibles. Deux seulement sont noirs.

«On est ouverts à en avoir plus, mais il n’en sort pas toujours de l’école de police», a expliqué le capitaine Joël Lamarche.

«On évalue les CV et en aucun endroit il y a des exclusions en lien avec les minorités ou différentes réalités sociales, a ajouté le policier. On souscrit au principe d’égalité en emploi et on invite les femmes, les Autochtones, les membres des minorités visibles et ethniques à présenter leur candidature.»

Alain Babineau, sergent retraité de la GRC (Gendarmerie royale du Canada) et conseiller au Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR), se montre très critique face à la situation.

«Ce n’est pas sérieux comme démarches, ça fait déjà très longtemps que la population de la communauté noire augmente à Repentigny et Terrebonne», a mentionné l’ancien policier.

«Quel individu va vouloir se retrouver seul à l’interne dans un service de police en lequel la population noire n’a pas confiance», a ajouté M. Babineau, faisant référence aux plaintes pour profilage racial déposées contre des policiers des deux municipalités.

Une vingtaine de plaintes ont été déposées par cinq personnes contre des policiers de Repentigny, selon le CRAAR, qui assiste les plaignants dans la préparation de leur dossier. À Terrebonne, il y a notamment 14 policiers qui font l’objet de plaintes de la part d’un homme noir disant avoir été intercepté de façon abusive à de multiples reprises.