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Équilibre budgétaire: Québec solidaire veut épargner les PME

Étienne Paré | Agence QMI

À l’issue de la première journée de son Conseil national samedi, Québec solidaire s’est porté en défenseur des petites entreprises éprouvées par la pandémie, ciblant plutôt les grandes corporations qui ont vu leur chiffre d’affaires augmenter pendant la crise pour éponger les déficits.

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«On dit que Québec solidaire ne pense pas aux entreprises, mais ce n’est pas vrai», a clamé le leader parlementaire du parti, Gabriel Nadeau-Dubois, lors d’un point de presse samedi en fin d’après-midi.

Quelques heures plus tôt, les militants s’étaient prononcés en faveur d’«un impôt de pandémie» pour les grandes compagnies s'étant enrichies avec la crise sanitaire.

«Il faut que l’énorme trou dans les finances publiques soit rempli par les entreprises qui ont fait de l’argent pendant la pandémie, comme Métro, Dollorama, Walmart, les géants du web... Pas par les PME», a ajouté M. Nadeau-Dubois, en faisant référence au manque à gagner record de 15 milliards $ anticipé par le gouvernement Legault pour l’année en cours.

Attirer de nouveaux électeurs

Pendant les débats en matinée, la députée de Rouyn-Noranda-Témiscamingue, Émilise Lessard-Therrien, avait laissé entendre que cette prise de position en faveur des petits commerçants pourrait permettre à Québec solidaire d’élargir sa base électorale.

À deux ans du prochain scrutin, le parti de gauche reste loin d’être en voie de former le prochain gouvernement, s’il faut en croire les derniers sondages.

En septembre, un coup de sonde de la firme Léger mené pour le compte du «Journal» plaçait la CAQ du premier ministre François Legault à presque 50 % dans les intentions de vote, plébiscité pour sa gestion de la crise sanitaire.

Québec solidaire était bon quatrième avec 11 %, derrière le Parti québécois, qui n’avait même pas encore de chef, et le Parti libéral de Dominique Anglade.

En point de presse samedi, Gabriel Nadeau-Dubois s’est montré beaucoup plus prudent que sa collègue abitibienne sur la capacité de Québec solidaire à attirer de nouveaux électeurs avec la plateforme économique adoptée samedi.

Environnement et services publics

Autrement, il n’y a pas eu de grandes surprises lors la première journée de ce Congrès national virtuel.

Les 200 membres présents ont notamment réitéré leur opposition à GNL-Québec, un projet qui impliquerait la construction d’un gazoduc et d’une usine de liquéfaction de gaz au Saguenay.

C’est aussi entre autres par conviction écologique qu’ils se sont massivement prononcés contre Laurentia, ce terminal à conteneurs que veut construire le Port de Québec dans la baie de Beauport, un projet qui a déjà reçu l’appui du gouvernement Legault.

Les militants ont également voté pour un «réinvestissement historique dans les services publics», un plan que juge tout à fait réaliste Manon Massé, malgré le déficit historique.

«Est-ce réaliste que des travailleuses de la santé doivent faire des heures supplémentaires?» a défendu la cheffe parlementaire de Québec solidaire, qui craint que le gouvernement caquiste s’adonne à une politique d’austérité dans les prochaines années afin de renouer avec l’équilibre budgétaire.

Le retour au déficit 0 ne sera fera pas avant l’année 2025-2025, a déjà fait savoir Québec.