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24 heures trop tard pour obtenir de l’aide financière

Nora T. Lamontagne | Journal de Montréal

Michel Landry, propriétaire du club sportif 7-77 à Joliette.

Photo Ben Pelosse

Des propriétaires de centres sportifs de Lanaudière ont vu une précieuse subvention leur filer entre les doigts pour une question d’heures. 

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« Pourquoi nous laisser ouvrir une journée de plus si ça nous pénalise de milliers de dollars ? » demande sans détour Michel Landry, propriétaire du Club sportif 7-77, à Joliette, qui dit avoir perdu 200 000 $ en raison de la pandémie. 

Il n’est pas admissible à un programme qui accorde un prêt non remboursable de 80 % des frais fixes aux entreprises en zone rouge pour une raison qu’il juge injuste. 

Les critères d’admissibilité à la subvention prévoient qu’une entreprise doit avoir été fermée sur ordre de la Santé publique 10 jours dans un mois donné. 

Or, la Santé publique a décidé de fermer son centre d’entraînement le 23 octobre, une journée trop tard pour qu’il y ait droit. 

Les restaurants et les bars des MRC de Joliette et D’Autray, eux, ont reçu l’ordre de cesser leurs activités la veille et n’ont pas ce problème. 

Pour des gyms, des centres de fitness, des écoles de karaté et des studios de yoga déjà ébranlés par les mesures prolongées, c’est la goutte qui fait déborder le vase. 

« Pourquoi les gyms, on vivrait ça, et que les restaurateurs, non ? On a fermé cette journée-là parce qu’on nous a dit de fermer cette journée-là ! » s’exclame Annie Destrempes, à la barre du gym Energyform, de Berthierville.  

À cause des écoles ?

Le ministère de la Santé a expliqué au Journal que l’entrée en vigueur des mesures en zone rouge était décalée de 24 heures dans les milieux scolaire et sportif pour permettre aux écoles de s’adapter. 

La députée péquiste de Joliette, Véronique Hivon, y voit là un non-sens. 

« [Ces entrepreneurs] sont dans la même catégorie que les écoles et les activités communautaires, alors qu’ils sont d’abord et avant tout des propriétaires d’entreprise », souligne-t-elle. 

Qu’ils n’aient pas accès à la subvention parce que leur PME a été fermée neuf jours et non 10 en octobre lui semble tout aussi absurde. 

« C’est frustrant, car on a souvent entendu en chambre la ministre Marie-Eve Proulx [déléguée au Développement économique régional] répondre que le gouvernement voulait être flexible sur toutes sortes d’enjeux reliés aux programmes d’aide », dit Mme Hivon.

L’élue entend bien poursuivre ses démarches pour que le gouvernement revoie ces règles.

Rectifier le tir 

La propriétaire du studio de yoga Centre soi à Joliette, Mélanie Trudel, estime qu’il est encore temps de rectifier le tir et d’accorder le prêt non remboursable aux entreprises qui n’ont pu l’obtenir à cause de leur fermeture tardive.

« Le gouvernement ne peut pas penser à tout, tout le temps. Mais je pense qu’il devrait faire un mea culpa et réévaluer la situation. C’est comme ça qu’on fonctionne, dans une entreprise. »