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Le pape rabroue sévèrement les antimasques

Agence France-Presse

Le pape François a fustigé, dans un livre dévoilé lundi, les opposants aux masques et autres restrictions imposées pour endiguer la pandémie de nouveau coronavirus qui, selon lui, ne protesteraient «jamais» contre la mort de George Floyd.

«Certains groupes ont protesté, refusant de garder leurs distances, manifestant contre les restrictions de déplacements — comme si les mesures que les gouvernements doivent imposer pour le bien de leur peuple constituaient une sorte d'attaque politicienne contre leur liberté individuelle», déplore le pape dans «Un temps pour changer», livre d'entretiens qui paraîtra en français le 2 décembre chez Flammarion.

Il a fustigé en particulier ceux qui s'insurgent «d'être obligé de porter un masque», obligation décrite comme «un abus de pouvoir de l'État», sans jamais se soucier de ceux qui ont perdu leur emploi ou n'ont pas de sécurité sociale.

«Tu ne verras jamais ces gens-là protester contre la mort de George Floyd (...), ils sont incapables de sortir de leur propre petit monde d'intérêts», ajoute le pape argentin.

La mort brutale de George Floyd, un Afro-Américain étouffé sous le genou d'un policier blanc fin mai, avait déclenché une vague de manifestations aux États-Unis et dans le monde. Le pape, très engagé dans la défense des minorités, avait à l'époque jugé «intolérable» toute forme de racisme.

Les anti-masques ne monteront pas au créneau non plus «contre des bidonvilles où les enfants manquent d'eau et d'instruction» ou pour que «les sommes faramineuses investies dans le commerce des armes servent à nourrir l'ensemble de la race humaine et à scolariser chaque enfant», estime le souverain pontife.

François, 83 ans, s'en prend aussi longuement sans les nommer, «aux gouvernements qui ont ignoré les douloureuses preuves de l'augmentation du nombre de morts avec des conséquences inévitables et graves» pour privilégier l'économie. Tout en concédant que «la plupart des gouvernements ont agi de manière responsable, en imposant des mesures strictes pour contenir l'épidémie».

Dans son nouvel opus écrit avec le journaliste britannique Austen Ivereigh, il se dit également opposé au déboulonnage des statues de personnages historiques associés notamment à l'esclavage ou à d'autres formes d'oppression.

«Pour qu'il y ait une véritable Histoire, il faut qu'il y ait une mémoire, ce qui exige que nous reconnaissions les chemins déjà parcourus, même s'ils sont honteux», juge-t-il.

«L'ignominie de notre passé, en d'autres termes, fait partie de qui et de ce que nous sommes. Je rappelle cette histoire non pas pour faire l'éloge des oppresseurs d'autrefois, mais pour honorer le témoignage et la grandeur d'âme de ceux qu'ils ont opprimés», ajoute-t-il.