/news/coronavirus

Parcourir plus de 1100 km pour obtenir son permis de conduire

Roxane Trudel | Journal de Montréal

Geneviève Labelle, qui habite dans les Laurentides, a parcouru plus de 1100 km aller-retour avec son fils Léopol Germain, 17 ans, afin qu’il puisse obtenir son permis de conduire à Rimouski, dans le Bas-Saint-Laurent. Elle souhaitait qu’il puisse sortir cet hiver.

Photo Ben Pelosse

Geneviève Labelle, qui habite dans les Laurentides, a parcouru plus de 1100 km aller-retour avec son fils Léopol Germain, 17 ans, afin qu’il puisse obtenir son permis de conduire à Rimouski, dans le Bas-Saint-Laurent. Elle souhaitait qu’il puisse sortir cet hiver.

Craignant de voir son fils encabané tout l’hiver, une mère des Basses-Laurentides n’a pas lésiné sur les efforts, parcourant même plus de 1100 kilomètres pour que son adolescent puisse obtenir son permis de conduire.

« On a réussi avec près de deux mois de retard à finir son dernier cours. Il ne restait qu’à prendre l’examen de conduite, mais je me suis butée à des plages horaires complètes », relate Geneviève Labelle, mère d’un adolescent de 17 ans.

Le 10 novembre, la mère de famille de Lorraine s’est armée de sa souris et de sa patience, déterminée à réserver une place sur le site web de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) pour que son fils, Léopol Germain, puisse tenter d’obtenir son permis de conduire.

Voyant l’hiver approcher à grands pas, elle voulait qu’il ait la possibilité d’aller skier, en plus de faciliter ses déplacements jusqu’au travail, lui qui devra bientôt ranger sa planche à roulettes et son scooter.

« Il se retrouve dans son sous-sol à ne voir personne et à faire des travaux. [...] Je veux qu’il puisse au moins faire du ski. Je veux qu’il puisse sortir et bouger », dit-elle.

Horaires complets

Or, de Montréal à Québec, en passant par l’Outaouais, le site de la SAAQ affichait complet, déplore Mme Labelle.

« On vit encore un peu les contrecoups de la pandémie. Il faut comprendre qu’au printemps, il y a eu un arrêt de service pendant trois mois [...]. Évidemment, on travaille très fort pour essayer de réduire [le temps d’attente] », indique Mario Vaillancourt, porte-parole pour la SAAQ.

Des plages horaires ont été élargies ou ajoutées, et des évaluateurs sont venus prêter main-forte dans les secteurs où le besoin était le plus criant, précise-t-il.

Malgré tout, ça n’a pas arrêté la mère de 55 ans qui a fini par trouver une disponibilité le 13 novembre en matinée, à près de 600 km de chez elle.  

« Mon fils capotait », dit-elle en riant. 

Après avoir obtenu l’autorisation de la ligne téléphonique COVID-19 et réservé une chambre d’hôtel, le duo a entamé son long voyage, la veille de l’examen. De Lorraine à Rimouski, dans le Bas-Saint-Laurent, c’est Léopol qui a conduit, raconte fièrement sa mère.

Puis, le lendemain, ils ont pris quelques heures pour se pratiquer dans la ville où le jeune homme n’avait jamais conduit avant.

« Ce n’est pas facile à Rimouski, il y a beaucoup de passages de train et des coins un peu moins évidents », souligne Mme Labelle.

Les jeunes «un peu oubliés»

Et pourtant, quelques heures plus tard, Léopol ressortait de son véhicule avec un pouce dans les airs et un permis en poche.

« On s’est sauté dans les bras », continue sa mère, un sourire dans la voix.

À l’approche de l’hiver, elle estime qu’il faut vraiment prendre soin des jeunes, qui sont « un peu oubliés » durant la pandémie. 

« Il n’a pas eu de bal de finissant ou de remise de diplôme. Comme parent, on a un sentiment d’impuissance. [...] On voit aller nos enfants, et ce n’est pas drôle », se désole Mme Labelle.

La SAAQ suggère aux conducteurs de regarder souvent les disponibilités, puisqu’il y a des annulations.