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Situation difficile pour une infirmière au conjoint malade

Mélina Nantel | Agence QMI

tired medical worker doctor after taking a large number of patients due to the epidemic of coronavirus

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Alors que l’évolution de la pandémie de COVID-19 reste toujours aussi difficile à prévoir, une infirmière aux prises avec une situation familiale exigeante espère que la deuxième vague ne sera pas aussi éprouvante que la première.

Karine – nom fictif pour préserver son anonymat - est mère de deux enfants de 11 et 13 ans, et vit avec un conjoint qui souffre d’une maladie neurologique orpheline apparentée à la sclérose latérale amyotrophique. En temps normal, avant la pandémie, elle travaillait 7 jours sur 15, pour être présente auprès de son conjoint. Mais pendant la pandémie, son employeur, en vertu de la latitude offerte par le décret gouvernemental du mois de mars, a recouru systématiquement aux heures supplémentaires obligatoires, la forçant à travailler malgré sa situation familiale particulière.

«Du jour au lendemain, je me suis retrouvée à temps plein, sans égard. Je ne pouvais rien faire, c’était comme ça.»

La mère de famille, qui vit et travaille dans les Laurentides, a dû complètement se réorganiser. Son conjoint, âgé de 43 ans, est en arrêt de travail permanent depuis les trois dernières années.

«C’est une maladie extrêmement douloureuse. Il a de la difficulté à se lever le matin. C’est comme si ses nerfs étaient des fils électriques», confie Karine.

La pandémie a inévitablement entraîné des conséquences négatives sur l’état de santé de son conjoint.

«Quand les écoles ont fermé, c’est mon conjoint qui devait être avec les enfants 24/7. Ça a été énormément difficile, parce que j’ai un garçon qui est colérique-impulsif. Ça amène énormément d’étincelles à la maison. Quand je rentrais du travail, mon conjoint était hyper fatigué, et moi j’étais physiquement et mentalement exténuée.»

Des conditions invivables

Certains jours, l’infirmière était appelée à travailler dans des résidences en «zone chaude» où près du trois quarts des usagers étaient contaminés.

«Au début, on avait très peu de consignes sanitaires. J’avais très peur de ramener ça à la maison. Ça a été une expérience traumatisante», témoigne-t-elle.

La deuxième vague est donc synonyme d’épuisement pour Karine, qui dénonce «les conditions de travail épouvantables», même si elle a pu reprendre son ancien horaire, pour l’instant. Entre les heures supplémentaires, les patients trop nombreux par département et le manque criant de personnel, la pandémie est la charge de trop sur les épaules de ces travailleuses de premier plan.

«Je ne peux pas comprendre qu’un gouvernement puisse offrir des choses aussi indécentes à ses infirmières.»

«Parfois, je remets en question ma profession. Je me demande si je n’allais pas dans autre chose», affirme l’infirmière, en fonction depuis 2005.

Le ministère de la Santé n’a pas répondu à notre demande d’entrevue.