/news/coronavirus

Traiteurs et pâtissiers en forte demande

Erika Aubin | Journal de Montréal

GEN-TRAITEUR-RESTAURANT HOOGAN ET BEAUFORT-MARC-ANDRÉ JETTÉ

TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

Les pâtissiers et les traiteurs, qui s’attendent à une période des Fêtes courte mais intense, sont déjà plongés dans les préparatifs de Noël après avoir vu le nombre de réservations augmenter en flèche depuis quelques jours. 

• À lire aussi: Pas recommandé d’acheter son jambon en isolement

• À lire aussi: Il reste déjà peu de chalets à louer

« Le téléphone ne dérougit pas. Ç’a beaucoup changé cette semaine. Avant, les gens appelaient surtout pour poser des questions, mais ils attendaient de voir les mesures mises en place avant de réserver », explique Frédérick Lisabelle, propriétaire de Dansereau Traiteur, à Montréal. 

Les demandes de réservations ne se sont pas fait attendre au lendemain de l’annonce du premier ministre, François Legault, jeudi, permettant aux familles et aux amis de se réunir en groupe de 10 entre le 24 et le 27 décembre.

« Clairement, ça va nous occuper et concentrer les ventes sur une période assez courte », commente Marc-André Jetté, propriétaire du restaurant Hoogan et Beaufort à Montréal et d’un service de traiteur. 

Il s’attend à recevoir une vague de clientèle la semaine prochaine même s’il a déjà enregistré quelques commandes.   

  • Écoutez la chronique de Sophie Durocher avec Pierre Nantel sur QUB radio:    

Les bûches s’envolent 

Coïncidence ou non avec cette annonce, la frénésie des Fêtes s’est rendue jusque dans les pâtisseries. 

« Les gens se sont dégênés pour enfin commander leurs bûches de Noël. Les 23 et 24 [décembre], ce sont nos deux grosses dates. Jusqu’à présent, on n’a refusé personne. On fera des nuits blanches s’il faut », lance à la blague Catherine Plante, copropriétaire de Gâteries Mel et Cat, à Belœil, sur la Rive-Sud de Montréal. 

« Habituellement, on n’entend pas parler de Noël avant décembre, mais là, le rush est bien commencé », ajoute sa partenaire d’affaires, Mélanie Allaire.

40 personnes à souper 

Certains ont déjà volontairement ignoré le « contrat moral » de M. Legault.

Une commande pour 40 personnes le 31 décembre a été passée au Buffet St-Émile, dans l’arrondissement de Charlesbourg, à Québec. 

« C’est dommage, mais je ne suis pas là pour contrôler ou jouer à la police. Ce que le client fait avec ma bouffe, ce n’est pas de mon ressort », rapporte le propriétaire Dave Dombrowski.

Ne sachant pas quand les salles à manger pourront rouvrir dans les zones rouges, les restaurateurs n’ont pas le luxe de refuser des clients.

« Je n’ai pas de boule de cristal, mais je me doute qu’on ne rouvrira pas les restaurants en janvier comme le premier ministre l’a dit. Je pense plus que ça va arriver en mars ou en avril, ou même au début de l’été. On ne croit plus au père Noël, alors on y croira quand on le verra », dit Marc-André Jetté.

– Avec Roxane Trudel et Jérémy Bernier, Le Journal de Québec 

Le père Noël doit s’adapter      

Bien qu’habituellement isolé au pôle Nord, loin de la pandémie, le père Noël se pliera lui aussi aux exigences de la Santé publique. Exit les enfants sur les genoux, et bonjour le masque et la distance réglementaire de deux mètres. 

C’est du moins ce qu’affirme celui qui personnifie le personnage mythique dans les chaumières de Stoneham-et-Tewkesbury, dans la Capitale-Nationale, depuis maintenant six ans, Luc Paradis.

« Cette année, le père Noël va rencontrer les amis à l’extérieur, masqué, pour discuter avec eux et peut-être leur raconter une histoire. Il faut qu’il s’adapte lui aussi ! Mais ça va être quand même très interactif », promet M. Paradis, qui précise que les cadeaux seront remis par les parents. 

Plusieurs ont déjà réservé l’arrivée du joyeux barbu dans leur résidence entre les 24 et 27 décembre, bien qu’ils soient moins nombreux que par les années précédentes.

– Jérémy Bernier

Des Partys de bureau virtuels     

Plutôt que de livrer un seul grand buffet pour le party de Noël d’une entreprise, des services de traiteurs enverront des boîtes repas aux adresses personnelles des employés, qui se réuniront virtuellement en raison de la pandémie. 

« J’ai jusqu’à 100 livraisons à domicile en une journée. Les boîtes individuelles contiennent par exemple des canapés et une petite bouteille de champagne, explique Frédérick Lisabelle, propriétaire de Dansereau Traiteur, à Montréal. C’est beaucoup de logistique, mais ça nous tient occupés. »

Marc-André Jetté, traiteur dans le grand Montréal, est lui aussi à la course pour planifier les partys de bureau. 

« [Le repas] se transpose à l’intérieur d’une petite boîte : une soupe, un morceau de viande, un morceau de pain et une bouteille de vin. C’est ça la réalité COVID », rapporte M. Jetté, qui fera des vidéos sur Zoom pour expliquer aux gens ce qu’ils vont manger. 

Ce sont parfois les restaurateurs qui doivent supporter les frais liés aux multiples livraisons, mais ceux-ci voient mal comment ils pourraient refuser des contrats.  

« Je ne peux pas charger le tarif fixe pour chacune des livraisons, ça serait impensable. Ça a tellement été moche comme chiffre d’affaires qu’on prend tout ce qui passe », explique Dave Dombrowski, du Buffet St-Émile, à Québec.

– Erika Aubin