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Aide aux entreprises: les bars de danseuses et de loterie vidéo se disent discriminés

Alex Proteau | 24 Heures

GEN-LES-AMAZONES

Joël Lemay / Agence QMI

Forcés de fermer par le gouvernement Legault en raison des mesures sanitaires, des propriétaires de bars de danseuses et de bars à loterie jugent discriminatoire de ne pas être admissibles au nouveau volet du programme d'aide aux commerçants.

Québec a annoncé en octobre l’Aide aux entreprises en régions en alerte maximale (AERAM), un nouveau volet qui permet aux entreprises d’avoir un pardon de prêt qui pourra atteindre 80 % du prêt octroyé dans le cadre du Programme d’aide d’urgence aux petites et moyennes entreprises (PAUPME), et ce, jusqu’à concurrence de 15 000 $ par mois de fermeture. 

Les tenanciers ayant un permis de bar auquel est rattachée une autorisation de danse avec nudité sont inadmissibles à l'AERAM, car selon des informations qui se trouvent en ligne dans des documents gouvernementaux, cette activité «serait de nature à porter atteinte à la moralité». Même chose pour ceux ayant une autorisation relative aux appareils de loterie vidéo et qui font 50 % ou plus de leur chiffre d'affaires en lien avec cette activité.

Embed: Un « bar de danseuses » c'est un commerce légal qui a droit à l'aide gouvernementale !

Propriétaire de la Brasserie de Callières à Laval, Patrice Gascon opère un bar avec des appareils de loterie vidéo. Dès l’annonce provinciale, il a entrepris ses démarches pour obtenir son pardon de prêt. Il a récemment reçu une réponse négative, lui disant qu’en date du 31 mars 2020, plus de la moitié de ses revenus provenaient d’activités non admissibles.

«Je ne suis pas fermé par moi-même. Ce ne sont pas des machines illégales du crime organisé», a-t-il dit. M. Gascon ajoute aussi que les machines proviennent de Loto-Québec, une société d’État québécoise.Cette exclusion fait réagir les associations de bars. «C’est une question de préjugé», a avancé le président la Corporation des propriétaires de bars, brasseries et tavernes du Québec (CPBBTQ), Renaud Poulin.

«Baser l’admissibilité du programme sur une autorisation accessoire est discriminatoire en ce que l’activité principale par les tenanciers est la même, soit l’exploitation d’un bar», a-t-il dit, des dires auxquels adhère le président l’Union des tenanciers de bars du Québec, Peter Sergakis. L’incompréhension est identique du côté de Pierre Thibault, président de la Nouvelle association de bars du Québec. «Du moment où le gouvernement perçoit des taxes d’une entreprise et qui sont légales[...], on ne peut pas les ostraciser.»

La CPBBTQ et L’UBTQ manifesteront mardi à la place Jacques-Cartier à Montréal pour faire valoir leur mécontentement. Le 24 Heures n’a pas eu de retour d’appel du ministère de l’Économie et de l’Innovation (MEI) lundi.