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CHSLD: Le déplacement du personnel sera suivi en temps réel

Vincent Larin | Agence QMI

Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

Québec entame l’implantation d’un registre d'exception qui permettra de suivre en temps réel le déplacement du personnel dans tous les CHSLD de la province, un mode de gestion «qui n’est plus acceptable», selon le ministre Christian Dubé.

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Ainsi, toutes les autorisations accordées au personnel pour des déplacements entre établissements, mais aussi entre les zones froides (sans COVID) et les zones chaudes (où sont traités des patients COVID) seront compilées dans une base de données centrale au ministère de la Santé.

La mise en place de ce «registre d’exception» devrait donc permettre de quantifier et de suivre les mouvements de personnels ayant des contacts rapprochés avec les patients lorsque ceux-ci seront rendus inévitables en raison d’un risque de rupture de services.

Un tel registre est déjà à l’essai dans une dizaine d’établissements depuis début novembre. Il le sera ultimement dans tous les établissements publics et privés ayant la mission d’un CHSLD.

En ce moment, l’autorisation d’un responsable de la prévention et du contrôle des infections est nécessaire lorsqu’un employé doit s’y déplacer d’une zone froide vers une zone chaude. Lorsque l’inverse se produit, c’est l’autorisation du président-directeur général de l’établissement auquel il est rattaché qui est carrément demandée.

Le registre central mis en place par Québec vise donc à rendre ces décideurs imputables puisqu’il sera dorénavant possible de retracer qui est à l’origine d’une autorisation. On espère ainsi que ces derniers étudieront toutes les autres options qui s’offrent à eux avant d’en venir à autoriser un déplacement.

Aussi, Québec pourra éventuellement calculer le pourcentage des employés de CHSLD qui ont été stabilisés dans un seul milieu de vie grâce à leur module de gestion des horaires.

Dans une entrevue parue dans «Le Journal de Québec» lundi, le ministre de la Santé, Christian Dubé, a indiqué qu'il misait sur une opération d'embauche d'infirmières à temps complet en 2021 après celle, toujours en cours, qui a permis de recruter des préposés aux bénéficiaires.

Ainsi, une grande partie des problèmes de mobilité serait enfin réglée.

Le ministre déplorait «la culture de gestion basée sur la mobilité» qu’il a découverte dans le réseau de la santé à son arrivée en poste au début de l’été.

«Avec la COVID, ce mode de gestion n’est plus acceptable. [...] Je ne peux plus accepter l’excuse qu’on le faisait avant. La COVID a changé les règles», déclarait-il.

Le déplacement du personnel a identifié à maintes reprises comme une des raisons pour expliquer l’importance vague de décès dû à la COVID-19 dans les CHSLD lors de la première vague, au printemps dernier.

La réduction de ces mouvements de personnel était l’un des objectifs que c’était fixé le ministre Christian Dubé en présentant son plan pour la deuxième vague en septembre dernier.