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COVID-19: un choc historique pour les compagnies aériennes

Agence France-Presse

La crise de COVID-19 a infligé un choc historique aux compagnies aériennes avec pour 2020 des résultats en chute libre pour le secteur que seuls des tests de dépistage systématiques pourraient redresser en attendant la généralisation d'un vaccin, a estimé mardi leur organisation, l'Iata.

«La crise de COVID-19 a menacé la survie de l'industrie du transport aérien» et «les livres d'histoire retiendront 2020 comme la pire année financière» pour le secteur, a souligné l'organisation qui regroupe 290 compagnies aériennes à l'occasion de sa 76e assemblée générale.

Le chiffre d'affaires du secteur atteindra 328 milliards de dollars en 2020, contre 838 milliards en 2019, soit un effondrement de plus de 60%.

Le nombre de passagers transportés en 2020 est retombé au niveau de 2003 avec 1,8 milliard de voyageurs (-60,5% par rapport aux 4,5 milliards de 2019) alors que les projections prévoyaient 5 milliards de passagers.

«Cette crise est dévastatrice et implacable», a déclaré le directeur général de l'Iata, Alexandre de Juniac, évoquant une industrie «en flammes».

Pour regagner la confiance des passagers et les faire remonter à bord des avions sans crainte, les compagnies et les aéroports ont déployé une série de mesures pour assurer leur sécurité sanitaire, allant de procédures d'embarquement dématérialisées au port du masque obligatoire dans les avions en passant par des nettoyages renforcés des appareils.

Mais la clé du redémarrage réside dans la réouverture des frontières et la levée des mesures de quarantaine, selon l'Iata qui plaide avec force depuis des mois pour la généralisation de tests de dépistage de la COVID-19 pratiqués au départ des passagers et maintient cette exigence malgré l'arrivée annoncée de vaccins.

Des centres de dépistage de COVID-19 ont été mis en place dans de nombreux aéroports pour permettre aux passagers de réaliser des tests antigéniques ou des tests virologiques RT-PCR, plus fiables que les premiers, mais aux résultats moins rapides, selon les exigences de pays de destinations.

Selon une étude réalisée par l'organisation, si les tests étaient généralisés au départ, le risque de voir un passager contaminé à bord d'un avion serait de 0,06%, c'est-à-dire 12 cas positifs non dépistés pour 20 000 passagers à l'arrivée.

Pour faciliter la pratique des tests au niveau mondial, l'organisation a développé une application pour un passeport santé numérique qui garantirait notamment l'authenticité du test de dépistage ou du certificat de vaccination.

En attendant le déploiement massif de tests ou de vaccins et une harmonisation des règles entre les différents pays, «les compagnies vont devoir continuer à puiser dans leurs liquidités au moins jusqu'au quatrième trimestre 2021, il n'y a donc pas de temps à perdre», a souligné M. de Juniac.

Selon Brian Pearce, économiste en chef de l'organisation, les compagnies disposaient fin juin en moyenne de huit mois et demi de trésorerie devant elles. Plus de 40 compagnies aériennes ont déjà fait faillite, selon lui.

 Les compagnies ont obtenu, selon de nouvelles données de l'Iata, 173 milliards de dollars d'aides en 2020 pour survivre à la crise, mais réclament une deuxième tranche d'aide.

L'arrivée de vaccins est une «très bonne nouvelle», a commenté M. de Juniac. «Mais il est «prématuré de dire quand et comment il sera déployé dans le monde. L'urgence maintenant c'est de mettre en place des procédures de tests. Nous ne pouvons pas attendre un vaccin», a-t-il poursuivi.

Sur la base de l'arrivée d'un vaccin à l'été 2021, l'Iata prévoyait jusqu'ici un retour du trafic à la normale en 2024.

Après une paralysie quasi-totale en avril, le trafic a repris doucement en juin, surtout sur les marchés intérieurs, mais il est à nouveau ralenti depuis septembre avec l'émergence de la deuxième vague de COVID-19 et les mesures de fermetures de frontières et de quarantaines qui l'accompagnent.

Les régions ayant d'importants marchés intérieurs bénéficient des redémarrages les plus forts. En Chine, berceau du coronavirus, les compagnies devraient redevenir rentables d'ici la fin de l'année, selon l'Iata.