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Découverte québécoise pour combattre la gonorrhée et la méningite

l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) du Québec

La résistance aux antibiotiques pour les bactéries responsables de la gonorrhée et de la méningite à méningocoques sera peut-être un jour chose du passé grâce à des chercheurs de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) du Québec.

Ils ont montré l'efficacité d'une molécule «simple» et «bien connue en chimie dans des cultures de bactéries et dans des modèles vivants» qui permettent de lutter contre ces deux types de bactéries Neisseria responsables de ces deux maladies.

«Nous avons remarqué que la molécule détruit seulement les Neisseria pathogènes. Elle n'affecte pas les autres types de Neisseria qui se trouvent dans le système respiratoire supérieur et qui peuvent être bénéfiques », a déclaré le cochef de cette équipe de l’INRS, le professeur Frédéric Veyrier par communiqué, mardi.

Cette molécule a également l’avantage d’être accessible et peu coûteuse.

Les scientifiques ne sont pas en mesure d’expliquer pourquoi elle est efficace contre ces deux types de Neisseria, mais ils soupçonnent qu’elle agit sur la membrane de ces bactéries.

Lors de leurs expériences, ils ont examiné s'il y avait une résistance possible à la molécule. «Nous avons pu isoler des souches de bactéries moins sensibles au traitement, mais cette résistance était à double tranchant, puisque ces mutants perdaient complètement leur virulence», a mentionné le professeur de microbiologie Frédéric Veyrier.

Face à l’augmentation des cas de résistance aux antibiotiques des bactéries Neisseria responsables de la gonorrhée et de la méningite à méningocoques, cette découverte prend donc une importance supplémentaire.

Contrairement à d’autres bactéries, ces deux Neisseria ont une forte capacité à acquérir des gènes d'autres bactéries et ainsi résister aux antibiotiques. Puisqu’elles affectent des milliers de gens, elles ont aussi la possibilité de se transformer.

Mais si ces bactéries mutantes qui résistent aux antibiotiques perdent leur virulence face à la molécule utilisée par les chercheurs de l’INRS, elles peuvent ainsi être neutralisées. Et ce phénomène observé ouvre la voie à d’autres recherches plus fondamentales pour mieux savoir ce qui rend une bactérie virulente par rapport aux autres.

Pour la suite, cette équipe de l’INRS compte aller plus loin en modifiant la molécule «pour la rendre plus efficace tout en gardant sa spécificité». Elle espère aussi s’associer à un partenaire pour mettre au point un éventuel traitement.

Ces résultats ont été publiés en ligne le 9 novembre dernier dans le journal scientifique «Antimicrobial Agents and Chemotherapy».

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