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Des restaurateurs sceptiques à l'idée de rouvrir du 24 au 27 décembre

La proposition de la Fédération des chambres de commerce du Québec de permettre l'ouverture des salles à manger des restaurants du 24 au 27 décembre est accueillie avec scepticisme au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

L’organisme qui regroupe 130 chambres de commerce suggère de rouvrir les salles à manger des restaurants pendant les journées de festivités permises par Québec, en appliquant toutes les mesures sanitaires.

«L'approvisionnement pour quatre jours, ça peut être difficile, a admis la directrice générale de la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le Fjord, Sandra Rossignol. Mais les restaurants qui ont du "take-out", qui ont des salles à manger et des employés, pourquoi pas? »

Les chambres de commerce savent que ce ne sont pas tous les restaurateurs qui pourraient ouvrir pour des questions de personnel, d'approvisionnement et de règles sanitaires. Mais l'idée est lancée pour aider une industrie qui écope.

«[On veut] trouver des solutions pour éviter que les fermetures soient longues comme le vivent les restaurants actuellement. C'est difficile de repartir un restaurant», a ajouté Mme Rossignol.

Chez les propriétaires de restaurants de Saguenay, la suggestion est reçue avec hésitation.

Le propriétaire de la microbrasserie Hopera à Jonquière, Vladimir Antonov, reconnait que la mesure pourrait «donner un petit peu de souffle aux restaurateurs. »

Cependant, il n'ouvrira pas sa salle à manger pendant quatre jours. « Entre le choix d'être six personnes à une table ou à dix personnes chez soi avec ses amis et sa famille que l'on n’a pas vus depuis longtemps? Personnellement, je choisirais d'être à la maison», a-t-il philosophé.

La gestion des stocks de nourriture nécessaires et du personnel est aussi un casse-tête. «Selon ces conditions, il y a très peu de chances que l'on ouvre, effectivement. On aurait préféré que ce soit permis avant la période des Fêtes», a-t-il ajouté.

Même réserve chez Michaël Tremblay, le propriétaire du Témaki Sushi Bar, dans l'arrondissement de Chicoutimi. «C'est peut-être un début, mais ce n'est pas un début réaliste. Remplir notre chambre froide pour quatre jours et ensuite, qu'est-ce qui va arriver? On ne gère pas des boîtes de vis», a-t-il lancé.

Michaël Tremblay accueillerait quand même des clients parce la popularité de ses commandes pour emporter lui permet de maintenir son approvisionnement et son inventaire. Il disposerait aussi d’employés disponibles pour faire le service.

«C'est sûr que je vais ouvrir quatre jours parce que pour moi, ce n'est pas compliqué. Je roule à plein avec le "take-out"», a-t-il souligné.

Au restaurant La Cuisine de Chicoutimi, pas question d'ouvrir. «Il n'y a aucune possibilité que j'ouvre pour quatre jours seulement, estime le propriétaire, David Janelle. Il y a des frais. De remplir mes frigos, de m’assurer que les employés seront là. J'aime mieux avoir une date fixe où on rouvre pour de vrai. Ça va être la troisième fois qu'on ouvre et qu'on ferme. C'est un peu infaisable pour nous autres.»

Les 350 restaurants du Saguenay–Lac-Saint-Jean emploient 6200 personnes.