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Les Canadiens ne seront pas les premiers vaccinés

Émilie Bergeron

Le premier ministre Justin Trudeau a admis que les Américains, Allemands et Britanniques commenceront à être vaccinés avant les Canadiens contre la COVID-19, puisque c’est dans leurs pays que sont produits les candidats-vaccins les plus prometteurs.

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«On va commencer à recevoir des doses dans les premiers mois de l’année prochaine, mais effectivement, les toutes premières doses, on peut comprendre qu’une compagnie qui produit des vaccins aux États-Unis va commencer à distribuer aux États-Unis avant de distribuer à l’international», a-t-il fait valoir mardi devant sa résidence de Rideau Cottage. Il s’est empressé d’ajouter que les Canadiens n’auront «absolument pas» à attendre que l’ensemble des populations américaines ou allemandes, par exemple, soient vaccinées.

Pour expliquer le délai dans l’arrivée de premières doses, M. Trudeau a rappelé que le Canada n’a pas la capacité domestique de produire massivement des vaccins depuis des décennies et que c’est précisément pour cette raison que son gouvernement en a réservé un nombre «record» auprès d’entreprises étrangères qui se trouvent aux premières loges de la course au vaccin.

N'empêche, le Mexique, où aucune des principales compagnies en lice n’est établie, a évoqué mardi le début d’une campagne de vaccination en décembre. Ce pays s’ajoute ainsi aux États-Unis, à l’Allemagne et au Royaume-Uni, qui regroupent les quartiers généraux de pharmaceutiques bien avancées dans leurs essais cliniques tels que Pfizer, BioNTech et Astra Zeneca.

Le premier ministre québécois, François Legault, a montré des signes d’impatience face à Ottawa, mardi.

«On sait que dans certains endroits [...] on parle de commencer à recevoir des vaccins avant Noël. Nous, on n'a pas de nouvelle du fédéral» a-t-il dit.

M. Trudeau a d’ailleurs été fustigé aux Communes tant par les conservateurs que les bloquistes et les néodémocrates qui l’ont pressé de fournir un échéancier et une feuille de route.

«Le Canada a sécurisé l'accès à plus de vaccins que n’importe quel autre pays par proportion de notre population», a répliqué le chef libéral.

Le conservateur Erin O’Toole a accusé son gouvernement de relayer les Canadiens «à l’arrière de la file d’attente» et le leader bloquiste Yves-François Blanchet de mettre en jeu la santé et la vie d’une foule de Canadiens.

Le plan de distribution d'Ottawa reste à être dévoilé. On ne sait pas, par exemple, quelle part reviendra à chaque province ni de quelle façon l’armée canadienne sera impliquée.

«La population d’une province est un facteur, mais [...] il y a d’autres facteurs qu’on analyse. [Par exemple,] quelle est la proportion de la population dans chaque province et territoire qui fait peut-être partie des [groupes] vulnérables» a souligné le sous-administrateur de la santé publique du Canada, le Dr Howard Njoo.

Les ententes conclues par le Canada 

Ottawa a conclu sept ententes garantissant l’accès, pour les 38 millions de Canadiens, à 194 millions de doses de vaccins et s’est doté d’options pour en recevoir jusqu’à 414 millions. Le fédéral estime que les premières livraisons arriveront entre janvier et mars 2021. Santé Canada a commencé le processus d’approbation pour les trois premiers candidats-vaccins.

- Pfizer (États-Unis) et BioNTech (Allemagne) : 20 millions de doses et possibilité de 56 millions supplémentaires

- Moderna (États-Unis) : 20 millions de doses et possibilité de 36 millions supplémentaires

- Astra Zeneca (Royaume-Uni) : 20 millions de doses

- Medicago (Québec) : 20 millions de doses et possibilité de 56 millions supplémentaires

- Sanofi (France) : 52 millions de doses et possibilité de 20 millions supplémentaires

- Jonhson and Johnson (États-Unis) : 10 millions de doses et possibilité de 28 millions supplémentaires

- Novavax (États-Unis) : 52 millions de doses et possibilité de 24 millions supplémentaires

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