/news/tele

«Fortier» est de retour!

Marie-Josée R. Roy | Agence QMI

Photo COURTOISIE AETIOS PRODUCTIONS INC

Fortier est de retour! Pas pour de nouvelles aventures, mais pour nous faire revivre celles qui nous avaient tenus en haleine au début des années 2000, et qui furent en quelque sorte les ancêtres des «District 31» et autres «La faille» qui nous passionnent aujourd’hui.

Club illico offre un beau cadeau aux téléspectateurs cet automne en rendant disponibles les cinq saisons de la jadis extrêmement populaire série policière de Fabienne Larouche. Les trois premières y sont déjà, les deux dernières seront déposées ce jeudi.

On y retrouve la maladroite, mais tellement perspicace Anne Fortier (Sophie Lorain), psychologue spécialisée en clinique criminelle, ainsi que son patron Gabriel Johnson (Gilbert Sicotte), ses rigolos mais compétents collègues Jean-Marie Dufour (Pierre Lebeau), Claude Mayrand (Jean-François Pichette) et Étienne Parent (François Chénier), et son inséparable chien Fernand, adopté entre deux investigations.

Au Québec, il y a 20 ans, «Fortier» et sa cousine éloignée «Omertà» pavaient la voie au genre policier, dorénavant si prisé du public et des créateurs.

«Je crois qu’on a commencé quelque chose. Je ne sais pas si "District 31" serait aussi populaire s’il n’y avait pas eu "Omertà" avant. À l’époque, aucune série policière ne ressemblait à l’autre. Elles étaient toutes distinctes, chacune avec sa couleur. Elles décrivaient des mondes différents et personne ne se marchait sur les pieds. C’est assez extraordinaire, avec le recul», avance en entrevue Sophie Lorain, qui avait aussi été de l’«Omertà» de Luc Dionne dans le rôle de l’ex-agente double et prostituée Denise Deslongchamps.

De médecin à psychologue

Quand «Fortier» a pris l’antenne de TVA en février 2000, Sophie Lorain «commençait à survivre» comme comédienne, se souvient la principale intéressée. Jusque-là, elle avait néanmoins tenu des rôles secondaires assez forts, dans «Urgence» et «Omertà», notamment, qui avaient frappé l’imaginaire et lui avaient déjà valu Gémeaux et MétroStars (maintenant Artis).

Les tribulations d’Anne Fortier ont aussi permis à son interprète de s’initier pour la première fois aux rouages de la production télévisée – elle qui était déjà forte d’un bagage d’ancienne technicienne en cinéma –, et de la réalisation. Elle avait été derrière la caméra de deux épisodes de l’ultime chapitre, diffusé en 2004. «Fortier» fut aussi la grande «première fois» de Fabienne Larouche comme productrice indépendante, avec sa maison de production Aetios.

«On a vraiment bâti la série ensemble», note Sophie Lorain.

Dans les plans de départ, Fortier devait être une médecin oeuvrant dans la sphère privée. Mais l’univers criminel titillait autant Fabienne Larouche que Sophie Lorain, qui cherchaient comment intégrer la sympathique bibitte qu’était Fortier dans une escouade d’enquête anti-sociopathe (SAS).

«Je ne voulais pas en faire un personnage trop parfait, indique Sophie Lorain. Fabienne a eu le bon "flash" d’en faire une psychologue. À ce moment-là, les études psychologiques sur les criminels, les études de profilage, commençaient à peine dans les institutions policières. Il y en avait une ou deux à Montréal, ça s’installait aux États-Unis. On avait lu là-dessus, et ça nous tentait de faire ça. La psychologie n’étant pas une science exacte, ça permettait à Fortier de se promener dans l’univers policier et d’émettre des opinions qui n’étaient pas nécessairement bonnes, d’évaluer les choses selon son pif à elle. On n’était pas obligés de la restreindre au protocole que les policiers doivent suivre.»

De nature peu nostalgique, Sophie Lorain dit avoir eu plus de mal à se défaire de l’équipe de «Fortier» que du projet en tant que tel. Elle avoue avoir craint d’avoir du mal à se détacher de son attachante alter ego. Elle est donc ensuite allée voir ailleurs si elle y était, essentiellement derrière la caméra («La galère», «Nos étés», «Les grandes chaleurs», «Nouvelle adresse»), avant de recommencer à jouer en 2014, dans «Au secours de Béatrice», puis «Plan B».

«"Fortier" avait énormément marqué. Je me demandais ce qu’on allait m’offrir après. J’ai fait de la réalisation, parce qu’on m’offrait des projets intéressants en ce sens. La vie m’a emmenée ailleurs.»

«Portrait-robot»

En 2020, cet «ailleurs» se nomme «Portrait-robot», autre fiction à la sauce thriller campée dans un milieu de flics que Club illico dévoilera quelque part en 2021. On y suivra une portraitiste judiciaire personnifiée par Rachel Graton, dont la patronne prendra les traits de Sophie Lorain. Rémy Girard et Adrien Belugou y sont aussi en vedette. Le tournage de «Portrait-robot» a pris fin il y a deux semaines. On y résoudra une énigme par deux épisodes.

ALSO, la maison de production menée par Sophie Lorain et Alexis Durand-Brault, ficelle aussi présentement «Sortez-moi de moi», une série destinée à la plateforme Crave. La distribution sera annoncée la semaine prochaine.

«Fortier» sera entièrement disponible sur Club illico ce jeudi, 26 novembre.