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Jeune autiste accusé du meurtre de sa mère: deux conclusions mais une même finalité

Kathleen Frenette | Journal de Québec

Photo d'archives, AFP

Si les experts appelés à témoigner au procès du jeune autiste accusé d’avoir tué sa mère divergent quant à la responsabilité criminelle du jeune homme, ils conclu tous les deux qu’au final, il devrait se retrouver dans un environnement institutionnel sécuritaire et sécurisé.  

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C’est une bataille d’expert qui s’est joué, mardi, devant la juge Fannie Côtes, au procès de Jérémy (prénom fictif) accusé du meurtre non-prémédité de sa mère.  

Le 16 février 2019, alors qu’il était âgé de 17 ans, le jeune homme, chez qui un trouble du spectre de l’autisme et une déficience intellectuelle ont été diagnostiqués, a assené plusieurs coups de couteau à l’auteure de ses jours. Or, le jeune homme était-il pleinement conscient du terrible geste qu’il a posé ce soir-là? 

Si pour l’expert de la défense, le psychiatre Frédéric Charland, la réponse est non, en raison de la déficience diagnostiquée qui révèle, chez le jeune homme, un âge mental comparable à celui d’un enfant de neuf ou dix ans, pour l’expert de la poursuite, le psychiatre Louis Morissette, la réponse est totalement différente.  

Capacité de raisonnement 

«Oui, Jérémy présente une déficience légère, mais ce n’est pas à cause de ça que les gestes ont été posés. C’est d’abord et avant tout lié aux mauvaises habitudes comportementales qu’il a prises depuis plusieurs années», a-t-il mentionné. 

«Depuis son plus jeune âge, il a développé sa technique. S’il cri, frappe ou dérange assez, il obtient ce qu’il veut», a-t-il ajouté en précision aux questions du poursuivant, Me Hugo Breton.  

Le professionnel, établi à l’Institut Philippe-Pinel, a également ajouté que le jeune homme avait la capacité de raisonner.  

«C’est rudimentaire, mais c’est concret. On est capable de faire avec lui la séquence. Il y a une frustration, maman n’est pas gentille, elle enlève le Ipod, son amoureux n’est pas là et Jérémy explique que s’il avait été là, il ne l’aurait pas fait parce que ce dernier est plus fort que lui, il frappe, maman cri, il a peur que les policiers soient appelés alors il frappe encore plus et avec un couteau», a expliqué le psychiatre. 

Non criminellement responsable 

En défense, bien que le psychiatre admette, entre autre, que le diagnostic du trouble de l’autisme ne saurait empêcher le jeune homme «d’avoir à assumer sa responsabilité face aux gestes qu’il a posés» puisqu’il reconnait le «bien du mal», le retard mental du jeune homme l’amène à se questionner.  

«Son jugement concernant la nature et la qualité de l’acte qu’il a posé nous apparait franchement déficitaire. Ainsi, même s’il sait que le geste qu’il a posé est mauvais, il ne semble pas prendre la pleine mesure et en comprendre toute la portée et la gravité», a-t-il souligné à l’avocat de la défense, Me Pascal Defoy, ajoutant que pour cette raison, Jérémy devrait être déclaré non criminellement responsable.