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Le gouvernement Trudeau talonné sur la question de la protection du français

Agence QMI

Déjà mis à mal par les propos de la députée Emmanuella Lambropoulos qui s'interrogeait sur le déclin du français au Québec, les libéraux de Justin Trudeau ont continué à être talonnés sur la question de la défense de la langue mardi, à Ottawa.

Faisant suite à cet événement et à l'appui qu'a accordé le premier ministre à la Loi 101 la semaine dernière, le Bloc québécois a déposé un projet de loi pour exiger que les entreprises de compétences fédérales soient assujetties à la Loi 101 au Québec.

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La loi, si elle est adoptée telle quelle, permettrait aussi de reconnaitre le français «en tant que langue commune et officielle du Québec» et obligerait le gouvernement fédéral «à ne pas entraver l’application de la Loi 101 au Québec», a détaillé la formation souverainiste.

Le responsable des Langues officielles au Bloc, Mario Beaulieu, a demandé aux autres partis de «passer aux actes», après avoir souligné que tous les partis représentés aux Communes reconnaissent que le français est en déclin au Québec.

La ministre des Langues officielles, Mélanie Joly, a accusé son vis-à-vis de «chercher la chicane». «En réalité, nous sommes d'accord sur la protection du français et nous voulons travailler ensemble sur la protection du français», a-t-elle plaidé lors de la période de questions.

Le premier ministre s'est quant à lui gardé de dire s'il appuie l'idée d'assujettir les entreprises de compétences fédérales aux exigences de la Loi 101.

«Nous allons regarder ce que ça va prendre pour protéger le fait français au Québec et partout au Canada. [...] On va regarder les différentes propositions et prendre nos décisions en conséquence», a-t-il dit en conférence de presse.

Par ailleurs, une motion du député néodémocrate Alexandre Boulerice demandant au gouvernement fédéral de travailler avec Québec «afin de s’assurer de l’application de la Charte de la langue française aux entreprises sous juridiction fédérale qui exercent leurs activités au Québec» a été rejetée mardi.

Pendant ce temps, les élus de l'Assemblée nationale ont adopté unanimement une motion similaire à Québec.

Les entreprises qui relèvent du fédéral, comme les banques ou les entreprises de télécommunications, échappent présentement aux dispositions de la Charte de la langue française.