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Pas d’ultimatum pour le «Camping Notre-Dame»

Elsa Iskander | Agence QMI

ALEX PROTEAU/24 HEURES/AGENCE QMI

Avec l’arrivée de l’hiver, la Ville de Montréal fait un nouvel effort pour inciter les résidents du campement de fortune sur la rue Notre-Dame à quitter les lieux et se diriger vers les refuges, mais elle ne veut toujours pas utiliser la coercition. Pas question d’envoyer les «bulldozers», a assuré la mairesse Valérie Plante.

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Malgré la neige tombée dimanche, une soixantaine de tentes étaient toujours érigées mardi après-midi au campement improvisé dans le quartier Hochelaga, entourées de quelques traces de neige qui persistait au sol.

Ce dernier devrait être démantelé à la fin août, la date butoir qui avait été donnée par la mairesse cet été. Le nombre de tentes a plutôt augmenté : près de 300 personnes s’y trouvaient le mois dernier.

Nouvelle opération

Une opération surnommée «mise à l’abri solidaire» a été lancée mardi : des intervenants essaient de convaincre les sans-abris de quitter. D’autres campements moins imposants ailleurs en ville sont aussi visés. «Comme ville et également comme société je pense qu’on est d’accord qu’il ne faut pas laisser nos gens dormir à l’extérieur à moins 30 [degrés].»

«Pourquoi une "mise à l’abri solidaire"? Parce que ça se fait dans le respect, ça se fait avec des discussions, en amenant des gens vers les ressources, en proposant des entrepôts pour entreposer les biens personnels», a expliqué Mme Plante. Des places sont notamment disponibles au YMCA Hochelaga-Maisonneuve. «On a ouvert des sites pour qu’ils puissent y aller et maintenant, c’est à eux de faire leur bout de chemin aussi.»

ALEX PROTEAU/24 HEURES/AGENCE QMI

La méthode coercitive n’est cependant pas privilégiée. «Pour moi, l’idée du "bulldozer" ne sera jamais la solution; ni la force. L’idée, c’est d’en arriver à un compromis», maintient la mairesse, ajoutant que «la situation ne sera pas tenable très longtemps».

Non seulement le site appartient au ministère des Transports du Québec, mais le temps froid et les moyens utilisés pour se chauffer posent un risque pour la sécurité, a souligné Mme Plante. «Le froid est mortel; mais se chauffer avec ce qu’on a peut aussi l’être. Donc, il y a aussi cette responsabilité civile du propriétaire du terrain.»

Interrogée à savoir si elle craignait que quelqu’un décède, la mairesse a répondu par l’affirmative. «Bien sûr, c’est ça la préoccupation. C’est pour ça qu’on y va étape par étape; le but, c’est vraiment d’y aller de façon graduelle, de façon respectueuse.»

Problème complexe

Malgré la volonté de dissiper le campement, la situation sur le terrain est complexe, alors que certains résidents souffrent de problèmes de santé mentale ou de toxicomanie, a expliqué la mairesse.

«Moi, ma volonté, c’est qu’il n’y ait personne qui dorme dehors cet hiver. Est-ce que je vais y arriver? On sait que d’hiver en hiver, il y a des gens qui risquent quand même de dormir dehors», malgré les efforts des différents intervenants, dont les policiers, pour qu’ils ne restent pas dans la rue. «Il y a des gens qui au final ont le droit de dire "je ne bougerai pas d’ici". Mais moi, comme mairesse, ce que je veux, c’est leur offrir le plus d’options.»