/news/law

Accident mortel à Thetford Mines: une juge devra trancher sur l’utilisation du cellulaire

Julien Garon-Carrier | Agence QMI

Photo AGENCE QMI, Julien Garon-Carrier

Le sort d’un automobiliste accusé de négligence criminelle ayant causé la mort d’un piéton à Thetford Mines, en 2017, est maintenant entre les mains d’une juge qui devra décider si l’utilisation du cellulaire au volant est à l’origine de l’accident.

• À lire aussi: Piéton happé mortellement à Thetford Mines: le cellulaire au volant mis en cause

• À lire aussi: Accident mortel à Thetford Mines: Snapchat en cause?

• À lire aussi: Accident mortel: le jeune conducteur fera face à la justice

Le procès de Miguel Bolduc, 22 ans, a pris fin mercredi au palais de justice de Thetford Mines avec les plaidoiries des parties diamétralement opposées dans leurs appréciations quant au rôle qu’aurait pu jouer le cellulaire dans l’accident qui a coûté la vie à un jeune homme de 19 ans, Danick Lachance, le 21 janvier 2017, en bordure de la route 112.

La Couronne demande la condamnation de Bolduc, soutenant qu’il aurait manipulé son cellulaire au moment où il a percuté mortellement Danick Lachance, alors que la défense croit que ce n’est pas le cas et demande son acquittement.

«Il n’y a aucune preuve qu’il aurait joué avec son téléphone de 21 h 08 à 21 h 11», a déclaré l’avocat de la défense, Me Luc Ouellette, devant la cour, mercredi.

Le 911 a été appelé près de 3 minutes après la dernière preuve de manipulation par l’accusé de son téléphone cellulaire, tel qu’il a été démontré par un expert de la Couronne durant le procès. «Sur la foi de quoi peut-on prétendre hors de tout doute raisonnable [à la culpabilité de son client]?» a demandé Me Ouellette, ajoutant que la Couronne n’a qu’une preuve circonstancielle et défendant la thèse de l’inattention de son client qui montait plutôt le volume de la radio au moment de l’impact.

Audrey Roy-Cloutier, la procureure de la Couronne, n’a quant à elle pas hésité à affirmer, durant sa plaidoirie, que «Miguel Bolduc manipulait son téléphone cellulaire au moment des faits».

Elle a rappelé que le premier témoin arrivé sur les lieux de l’accident a logé son appel au 911 entre 30 secondes et 60 secondes après son arrivée. L’appel ayant été fait à 21 h 11, cette personne serait donc arrivée sur les lieux à 21 h 10, selon Me Roy-Cloutier.

Miguel Bolduc était déjà auprès du corps de la victime à ce moment précis, a souligné la procureure. Or, a-t-elle fait valoir, considérant que Bolduc se trouvait à côté de la victime à 21 h 10 et qu’il a eu le temps de sortir de son véhicule et de parcourir la centaine de mètres qui le séparait du jeune Lachance, cela nous amène tout près de 21 h 08 pour l’instant de l’accident, soit l’heure à laquelle l’accusé aurait manipulé son cellulaire la dernière fois.

«Quand on fait cette chronologie-là et que l’on compare les données du cellulaire, on arrive au moment de l’impact», a affirmé Me Audrey Roy-Cloutier.

L’avocate de la Couronne a ajouté, en réponse à son collègue de la défense, qu’une «preuve circonstancielle est aussi un moyen de faire une preuve hors de tout doute raisonnable».

La juge de la Cour du Québec, Marie-Claude Gilbert, rendra son jugement dans cette affaire le 12 février.