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Agressions sexuelles à East Broughton: deux fillettes comme «jouets sexuels»

Nicolas Saillant | Journal de Québec

Photo courtoisie

Un déviant sexuel de East Broughton qui a produit des vidéos de pornographie juvénile avec deux fillettes de six ans en occupant «odieusement le premier rôle» tout en utilisant sa conjointe comme «complice» pour créer un lien de confiance avec les victimes a reçu en peine de neuf ans. 

C’est une trame factuelle difficile à entendre que la juge Hélène Bouillon a relatée au palais de justice de Thetford Mines mercredi. Tout en prévenant les gens dans la salle du «caractère odieux» des gestes de Dany Vachon, la juge a insisté pour décrire les vidéos en détail afin d’éviter de «banaliser les abus».  

«Il est assez rare» de voir des agressions sexuelles en images, a dit la juge Bouillon. Au total, cinq vidéos explicitent ont été saisies chez Vachon et sa conjointe Catherine Jacques, qui a déjà été condamné à 54 mois de pénitencier. 

Confiance des parents 

Les fillettes de six ans s’étaient retrouvées seules chez le couple grâce à Catherine Jacques qui avait développé un lien de confiance avec les parents et qui leur proposait de garder. Un système internet de détection de protection d’enfants contre les abus sexuels avait finalement mené les enquêteurs au couple pédophile dans la région d’East Broughton en janvier 2019.    

Comble de l’ironie, c’est d’abord le père d’une des victimes, voisin de Vachon, qui avait été ciblé par les policiers puisque ce dernier prêtait son lien internet à l’accusé. Ce père de famille était loin de se douter que son voisin possédait des centaines d’images de pornographie juvénile, dont quatre vidéos où sa fille de six ans se fait agresser sexuellement.  

Des images «immorales»  

Les vidéos produites environ un an avant la perquisition montrent Vachon et sa conjointe abuser de la petite fille tel «un jouet sexuel» dans un contexte de jeu et d’argent. Des attouchements et tentatives d’agressions complètes sont commis alors que Vachon parle de sa «baguette magique» quand la victime lui demande «d’arrêter».  

Les gestes commis sur la deuxième victime datent de 2016 et impliquent une fois de plus Catherine Jacques. Dans cette vidéo de près de deux heures, on entend la femme dire «bouche cousue pour la vie» tandis que la fillette répète, «on le dit à personne».  

Le couple était ensemble depuis quatre ans au moment de l’arrestation. L’homme de 42 ans a avoué qu’il regardait de la pornographie juvénile depuis une dizaine d’années tandis que la femme de 32 ans a participé aux phantasmes dépravés de son conjoint afin de lui plaire.  

Les deux fillettes vivent aujourd’hui avec les conséquences de ses agressions. L’une d’entre elles s’automutile et tient des «propos sexuels déplacés», ont raconté les parents, toujours en colère et pris de remords.  

La juge Bouillon s’est appuyée de la «déviance extrêmement préoccupante» de Vachon, qui a des traits psychopathiques pour lui imposer une «lourde et sévère peine» de neuf ans de détention en plus de le déclarer délinquant à contrôler pour 10 ans.