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Des dizaines de milliers de porcs prêts pour l'abattage au Québec

Mélissa Fauteux

Quelque 95 000 porcs attendent en ce moment d'être abattus et transformés au Québec.

Ce nombre élevé a été engendré par le ralentissement des activités dans les usines de transformation, comme celles d'Olymel qui ont été aux prises avec des éclosions de cas de COVID-19.

Pour éviter d'euthanasier les bêtes, la Fédération des éleveurs de porcs se tourne vers les États-Unis. C'est une première.

La Fédération recherche des acheteurs pour nos porcelets, afin de les élever et de les transformer. Idéalement, le tout s'amorcerait d'ici deux semaines, ce qui constituerait un bon moment, selon Sylvain Charlebois, directeur du Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire à l'Université Dalhousie.

«On pourrait voir justement les Américains consommer beaucoup plus de viande cet hiver et au printemps parce qu'on s'attend à ce que 20 % de la population américaine soit vaccinée d'ici janvier», a-t-il à TVA Nouvelles mercredi.

La vaccination redonnerait espoir aux Américains, qui pourraient décider de payer davantage pour des protéines, comme le porc.

Impact sur les prix?

Mais est-ce que le fait de devoir se débarrasser de nos porcs aura un impact sur son prix ici? Pas nécessairement, selon M. Charlebois, qui affirme toutefois que d'autres facteurs font en sorte que son prix devrait augmenter de 3 % à 4 % d'ici juin 2021.

«Ça n'a rien à voir avec la COVID-19, c'est juste une question d'offre et de demande, et un moment donné on voit que les prix augmentent à la ferme», a expliqué M. Charlebois.

Pour d'autres viandes, comme le veau de lait, c'est l'inverse.

Les restaurants ayant dû fermer leurs portes, les surplus s'accumulent et les prix sont à la baisse.

Marcel Groleau est président de l'Union des producteurs agricoles du Québec. «On a congelé des quantités importantes, on a fait des rabais pour écouler certains stocks dans les supermarchés, on a même donné du veau de lait haché dans les banques alimentaires grâce à une entente avec le fédéral, mais il nous reste encore d'importants surplus», a-t-il relaté.

Ces solutions temporaires engendrent des pertes financières pour plusieurs producteurs.

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