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Le monde pleure son «Dieu» du football Maradona, mort à 60 ans

Le deuil et la tristesse ont gagné le monde après la mort de l'Argentin Diego Maradona, légende du football disparue mercredi à 60 ans, laissant les passionnés de ballon rond orphelins de l'un des joueurs les plus charismatiques et controversés de l'histoire.

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Dans le quartier de Boca à Buenos Aires, mais aussi en Europe à Naples et Barcelone, hauts lieux de la carrière du «Pibe de Oro» («gamin en or»), l'émotion s'est répandue dans les rangs des admirateurs, quelques heures après l'annonce du décès du champion du monde 1986 des suites d'un arrêt cardiaque.

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Pendant trois jours à partir de jeudi, l'Argentine va suivre avec nostalgie la veillée funèbre de la dépouille de l'idole, qui aura lieu au palais présidentiel et durera trois jours. 

Trois jours, comme la durée du deuil national décrété par la présidence d'un pays qui perd l'une de ses personnalités les plus adulées, et plongeait dans les larmes en attendant les résultats de l'autopsie du corps, qui devait débuter mercredi.

«Je ne peux pas le croire, c'est incroyable (...) Au final, tout le monde est mortel. Je suis en train de le digérer, j'ai l'impression que c'est un mauvais rêve», s'est ému Francisco Salaverry, un fan argentin de 28 ans interrogé par l'AFP. 

MARADONA-TRANSFERT

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L'inquiétude était déjà vive ces derniers jours: Maradona avait subi une intervention chirurgicale pour un hématome au crâne début novembre et se remettait dans une maison de la périphérie de Buenos Aires au moment de son décès.

En Europe, la ville de Naples attendait elle fébrilement de revoir du football, jeudi soir pour un match de Ligue Europa qui sera synonyme d'hommage au plus grand joueur de l'histoire du club où Maradona a évolué de 1984 à 1991, au sommet de son art après un passage à Barcelone. 

Comme mercredi dans les enceintes européennes de Ligue des champions, une minute de silence sera respectée au stade San Paolo, qui devait rester allumé toute la nuit en hommage à l'Argentin. Un stade qui pourrait bientôt porter le nom du joueur défunt, la municipalité ayant déjà évoqué cette idée.

L'aura de ce dribleur hors pair a en effet dépassé le cadre des passionnés de football, tant Maradona a marqué les esprits par ses buts et ses mouvements spectaculaires balle au pied comme ses excès, oscillant entre grandeur et flamboyance, déchéance, drogue et polémiques. 

FBL-ARGENTINA-SUPERLIGA-GIMNASIA-RACING-MARADONA

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Main de Dieu et santé fragile

Le légendaire numéro 10 a aussi étincelé en équipe nationale, sous le maillot de l'Albiceleste qu'il a porté 91 fois pour 34 buts. 

WORLD CUP-1986-ARG-ENG

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Son but de la main contre l'Angleterre en quart de finale du Mondial-1986, qu'il avait aussitôt rebaptisé «main de Dieu», restera comme l'une des images les plus mémorables de l'histoire du football, tout comme son second but, tout en dribles et en culot, dans cette rencontre au stade Aztèque de Mexico. 

Après une finale perdue en 1990 contre l'Allemagne, son histoire avec le Mondial finira mal, par une exclusion lors de l'édition 1994 après un contrôle antidopage positif. Le crépuscule sportif pour Maradona malgré plusieurs tentatives de retour.

Moins retenus, ses passages sur les bancs des entraîneurs l'auront mené de la sélection argentine (2008-2010), au Mexique, et finalement au Gimnasia La Plata en Argentine, où il exerçait encore juste avant sa mort.

Si la planète savait la santé du «Pibe de Oro» fragile, l'annonce de son décès a entraîné un déluge de tristesse et d'éloges dans le monde du ballon rond, où seul le Brésilien Pelé (80 ans) rivalise dans le classement informel des plus grands de l'histoire.

Celui-ci s'est ému sur Instagram d'une «triste nouvelle». «J'ai perdu un grand ami et le monde a perdu une légende (...) Un jour, j'espère qu'on pourra jouer au foot ensemble au ciel», a écrit le «Roi» Pelé.

«Le plus grand»

Son compatriote Lionel Messi, autre génie argentin avec lequel il a entretenu une relation complexe, a affirmé sur Instagram que Maradona «nous laisse, mais il ne s'en va pas, parce que Diego est éternel». «Je garde en moi tous les beaux moments vécus avec lui», a écrit «La Pulga».

Le Portugais quintuple Ballon d'Or Cristiano Ronaldo a lui dit adieu à «un génie éternel» et «un magicien inégalable», tandis que l'ex-meneur de jeu français et ancien dirigeant de l'UEFA Michel Platini a indiqué à l'AFP que «Diego Maradona restera dans le coeur des Napolitains, dans le coeur des Argentins (...) comme une étoile, et pour l'éternité».

«Ce que Diego a fait pour le football, pour nous faire tous tomber amoureux de ce sport merveilleux, est unique (...) Il mérite notre gratitude éternelle», a pour sa part réagi Gianni Infantino, le président de la FIFA, une organisation avec laquelle le défunt a toujours entretenu des rapports conflictuels.

«Merci éternel. Éternel Diego», a sobrement réagi Boca Juniors, le club argentin où le génial N.10 a séduit l'Europe, en 1981-1982, avant son départ pour le FC Barcelone (1982-1984) et Naples (1984-1991). «Pour toujours, ciao Diego», s'est incliné le club italien. 

«Tu nous as emmenés sur le toit du monde. Tu nous as rendus immensément heureux. Tu as été le plus grand de tous. Merci d'avoir existé, Diego», a déclaré le président de l'Argentine, Alberto Fernandez.

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