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La COVID-19 a nui à la consommation responsable

Camille Lalancette

Bloc ordinateur

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La COVID-19 a eu des impacts négatifs sur les habitudes de consommation responsable : les Québécois ont notamment été moins nombreux à opter pour les transports en commun et ont eu tendance à éviter les plateformes de vente en ligne entre particuliers. 

L’Observatoire de la consommation responsable (OCR) de l’UQAM a diffusé mercredi les résultats de son baromètre de la consommation responsable 2020, élaboré à partir de données récoltées auprès de 40 000 Québécois.

Celui-ci démontre que la pandémie a diminué certains aspects de la consommation responsable, c'est-à-dire les comportements et les pratiques de consommation qui ont des impacts positifs sur l’environnement.

Les effets négatifs de la pandémie se font d’abord ressentir du côté de l’utilisation du transport en commun. La proportion des personnes qui se définissent comme des utilisateurs fréquents de ce moyen de transport a diminué environ du tiers entre 2019 et 2020, passant de 34% à 21%.

Même chose pour le recours à la consommation collaborative, qui connait une baisse. Dans le secteur de la redistribution, c’est-à-dire la vente ou le transfert des biens entre citoyens, une baisse de trois points de pourcentage a été observée chez les utilisateurs fréquents de ces services, qui sont passés de 50 % à 47 %.

Pour l'utilisation de services de collaboratifs comme le covoiturage, on observe la moitié moins d'utilisateurs fréquents. Cette pratique reste d'ailleurs marginale : le taux est passé de 4% à 2% entre 2019 et 2020. Toutefois, 62% des gens se décrivaient comme des utilisateurs occasionnels de ce service cette année.

«La crise sanitaire engendre une reconfiguration du mode de vie, autant dans l'habitation que dans le travail ou les déplacements, et forcément, ç'a des conséquences sur nos modes de consommation et en particulier depuis le mois de mars», explique Fabien Durif, directeur de l’OCR.

COURTOISIE

Les bons coups 

Malgré ces reculs, quelques bons coups sont quand même à souligner cette année.

Ce sont 61% des gens qui ont dit acheter fréquemment des produits locaux en 2020, une hausse de 1 point de pourcentage par rapport à l'année précédente. Quelque 29% des Québécois ont dit acheter fréquemment des produits auprès d'entreprises soutenant la communauté ou les causes, par rapport à 26% l'année dernière.

Certaines bonnes habitudes répandues restent stables : comme l'an dernier, 89% des Québécois disent recycler fréquemment. La proportion de gens qui disent faire du compost fréquemment augmente pour sa part, passant de 38% à 41%.

M. Durif soutient que la pandémie accélère des transitions déjà en cours. «L’achat local, ce n’est pas une nouveauté, c’était fort depuis une dizaine d’années, depuis la dernière crise économique de 2008. Là, la pandémie l’a exacerbé», note-t-il.

Même si la pandémie est temporaire, les bonnes habitudes prises pendant celles-ci peuvent persister. «Quand on commence à voir ces comportements-là sur une plus longue période, le changement d’habitude, il pourrait perdurer. Ce que je vois et qui me donne un indice, c’est que quand nous sommes sortis du confinement, on a eu un peu moins de temps libre. On aurait pu croire que les pratiques de "fait maison" auraient diminuées or, elles se sont amplifiées», remarque M. Durif, faisant référence au fait que plusieurs personnes indiquent cuisiner davantage à la maison durant le dernier mois.

On peut consulter le rapport complet sur le site ocresponsable.com