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Mauvaise qualité de l’air dans les écoles: l’heure n’est plus aux comités, disent les oppositions

Patrick Bellerose | Journal de Québec

Photo d'archives

Le gouvernement Legault doit donner aux écoles les moyens d’assurer une meilleure qualité de l’air dans les écoles pour éviter la propagation de la COVID-19, clament les oppositions.

«Ce n'est plus le temps de faire des comités, ce n'est plus le temps de faire des jasettes, c'est le temps de poser des gestes concrets», a lancé le leader parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, mercredi matin.  

Celui-ci réagissait à un reportage du Journal où des classes testées à la demande d’un groupe de médecins ont révélé des taux élevés de CO2. Cette présence de gaz carbonique indique que les pièces sont mal aérées, un facteur qui risque de faciliter la propagation du coronavirus, surtout lorsque les fenêtres seront fermées en raison du froid.  

Dans de nombreux cas, les écoles du Québec ne sont pas dotées d’une ventilation mécanique.  

Début novembre, Québec solidaire proposait de doter toutes les classes de détecteurs de CO2 et de purificateurs d’air. Coût de la facture : 86 millions $. «Le 86 millions $, c'était le montant maximal si on déployait les appareils partout, mais en effet, s'il y a des classes qui sont bien ventilées puis où ce n'est pas nécessaire, bien, un simple détecteur de CO2 pour mesurer la qualité de la ventilation, ça va suffire», précise maintenant M. Nadeau-Dubois.  

Écouter la science

Au Parti libéral du Québec, le cheffe Dominique Anglade presse également le gouvernement d’aller de l’avant. Déjà en juillet dernier des scientifiques internationaux sonnaient l’alarme et l’Organisation mondiale de la santé reconnaissait qu’une mauvaise aération pouvait contribuer à la propagation de la COVID-19.

«On aurait pu déjà commander des choses au mois d'août, dit Mme Anglade. La semaine dernière et la semaine d'avant, il y avait des députés de la CAQ qui disaient : On ne sait pas vraiment s'il y a une contamination par l'air, ce n'est pas encore totalement prouvé. Écoutez, je veux dire, les données scientifiques sont là, il faut passer à l'étape où on prend des actions.»  

La péquiste Véronique Hivon, elle, estime que des solutions simples et peu coûteuses peuvent être mises en place, en attendant d’installer de meilleurs systèmes de ventilation.  

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«Une mesure qui nous apparaît évidente, depuis des mois, c’est de faire des demi-classes pour les élèves de secondaire 3, 4 et 5, plutôt que par journées de classes complètes alternées», dit-elle. Pour le moment, l’ensemble du groupe se retrouve en classe un jour sur deux.  

Devant les nombreux appels à l’action ces dernières semaines, le ministre de la Santé, Christian Dubé, a créé un comité censé le conseiller sur la ventilation des classes. Le cabinet du ministre Dubé, tout comme celui de son collègue à l’Éducation, n’avait pas réagi à notre reportage au moment de publier.