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Coupable d’avoir tué et jeté aux poubelles sa conjointe

Michael Nguyen | Journal de Montréal

Palais de justice de Montréal

Chantal Poirier / JdeM

Le Montréalais qui a tué sa conjointe à coups de bâton avant de la jeter aux ordures est un «moins que rien» et un menteur qui mérite largement la prison à vie, ont témoigné des proches de la victime, jeudi.

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«Je n’ai que de la haine pour ce bourreau. Ce meurtrier n’a pas de cœur ni de remords, que ces longues années en prison le fassent réfléchir et regretter ce qu’il a fait», a lancé Ginette Gilbert, jeudi au palais de justice de Montréal.

Mme Gilbert est la tante de Josiane Arguin, tuée le 1er septembre 2018 des mains de son conjoint, Simon Brind’Amour, à la suite d’une dispute. 

La femme tentait alors de s’enfuir de leur domicile en criant qu’elle était une femme battue. 

Le meurtrier de 39 ans avait ensuite nettoyé le domicile familial et jeté le corps aux ordures. Par la suite, il avait fait croire que la femme avait disparu, feignant même de faire des recherches pour la retrouver, jusqu’à ce qu’il avoue son crime deux mois plus tard. Le corps n’a jamais été retrouvé.

«Je l’ai tant cherchée, en vain, en espérant qu’elle donne signe de vie, a témoigné jeudi la mère de la victime, Gaétane Gilbert, en encensant sa fille. Puis ma vie a basculé, je suis encore sous le choc, j’ai hurlé, pleuré et crié.»

Il s’excuse

Lors du procès, Brind’Amour avait tenté de convaincre le jury qu’il n’avait jamais voulu commettre de meurtre et que son cerveau avait «court-circuité». 

Mais l’explication n’a pas convaincu les jurés, qui l’ont déclaré coupable de meurtre non prémédité.

«Je vais devoir vivre avec ce geste ignoble pour le reste de ma vie, je ne saurais dire à quel point je regrette d’avoir été aussi lâche», a toutefois dit Brind’Amour, jeudi, en s’excusant pour ses gestes.

Sa mère a d’ailleurs fait parvenir une lettre au tribunal, disant que son fils restait un «bon garçon».

Compte tenu du verdict de culpabilité, Brind’Amour sera automatiquement condamné à la prison à vie. Il reste toutefois à déterminer sa période d’admissibilité à une libération conditionnelle. Et pour Me Katherine Brabant, de la Couronne, elle devrait être de 17 ans, rappelant que le meurtre est survenu dans un contexte de violence conjugale.

«Il l’a jetée aux ordures, comme si la vie de Josiane n’avait pas d’importance, a-t-elle plaidé. Elle en avait, la vie des femmes victimes de violence conjugale a de l’importance.»

Me Maxime Raymond, de son côté, a suggéré une période de 13 ou 14 ans. 

La juge Hélène Di Salvo rendra sa décision dans les prochaines semaines.