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COVID-19: le tutorat en demande pour favoriser la réussite

Sébastien Houle | TVA Nouvelles

Le confinement du printemps, la fermeture d'écoles et l'enseignement virtuel commencent à peser sur les élèves.

Chez Tutorax, une entreprise qui offre de l'accompagnement académique, on note une hausse marquée des demandes d'aide depuis le début de l’année scolaire, relate sa cofondatrice, Audrey Cloutier.

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Signe que les temps sont difficiles, les demandes viennent aussi d'élèves qui avaient l'habitude de bien performer, remarque-t-elle.

À Trois-Rivières, Samuel Rabouin, un doctorant en éducation, vient de lancer sa propre entreprise d'aide aux devoirs, «Soutien à la réussite». Le jeune entrepreneur a même reçu une subvention salariale de 25 000 $ pour lancer son projet. Il note qu'avec le premier bulletin qui n'est prévu qu'à la fin de janvier 2021, et qui comptera pour 50 % de l'année scolaire, l'anxiété est palpable chez plusieurs élèves. L'enseignement en ligne ne convient pas à tous, fait-il valoir.

Pour Claudia Cousin, présidente du Syndicat de l'enseignement des Vielles-Forges, les enseignants pourraient difficilement en faire plus. «Les enseignants se donnent corps et âme, et pour l'apprentissage et pour les évaluations», a-t-elle plaidé jeudi.

À 35 $ ou 40 $ de l'heure pour un tuteur privé, l'aide aux devoirs n'est pas à la portée de tous. Chez COMPSEP, un organisme communautaire d'enseignement populaire, on soutient que la clientèle que l'on accompagne, tant dans la recherche d'emploi ou l'aide aux devoirs, peinerait à se prévaloir de tels services.

Sur le front politique, des propositions sont mises de l'avant. Marwah Rizqy, porte-parole de l'opposition officielle en matière d'éducation, plaide pour un jumelage d'étudiants du collégial ou universitaire, dans une optique de tutorat. L'accompagnement pourrait valoir des crédits d'étude. Si le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, s'est montré ouvert à l'idée, les actions tardent à suivre, se désole Mme Rizqy.

À l'école primaire Cardinal-Roy, à Trois-Rivières, on a été à même de constater ce que signifiait le déploiement de l'enseignement virtuel à grande échelle. On a récemment dû fermer l'établissement pour trois semaines à la suite d'une éclosion majeure qui a contaminé des dizaines d'élèves et membres du personnel.

Si, dans l'ensemble, les enseignants disent avoir vécu une expérience plutôt positive, les élèves étaient aussi contents de réintégrer les lieux. «On n'aurait pas pu continuer plus que trois semaines», a affirmé Nicolas Simoneau, enseignant de 6e année.

Avec des classes qui demeurent fermées dans plus de 65 écoles de la Mauricie et du Centre-du-Québec, en raison de la présence de cas confirmés de COVID-19, le reste de l'année scolaire risque de poser son lot de défis, tant pour les élèves que les enseignants.