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Pas de répit pour les écarts de richesse

Agence QMI

économie canadienne et le coronavirus

Pascal Huot - stock.adobe.com

Puisque les milliardaires canadiens ont accru leurs avoirs de 53 milliards $ depuis le début de la pandémie, l’organisme Les Canadiens pour une fiscalité équitable demande au fédéral d’adopter des réformes fiscales pour réduire les écarts de richesse.

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D’avril à octobre, les 44 milliardaires du pays ont vu leurs actifs ainsi gonfler de 28 % malgré le ralentissement de l’économie et la hausse du chômage, a affirmé cette organisation dans un rapport divulgué jeudi.

«Alors que des millions de foyers peinent à survivre au cours de la pandémie, nos milliardaires de premier plan font des affaires d’or. Parmi eux, certains ont coupé la paie de pandémie à leurs travailleurs de première ligne», a précisé Toby Sanger, économiste et directeur des Canadiens pour une fiscalité équitable, par communiqué.

Cet organisme souligne aussi que lors de la dernière décennie, seul le 1% des plus riches, ceux qui possèdent plus de six millions $, ont vu la proportion de leurs avoirs grossir au pays, tandis que celle des tous les autres a diminué. Il estime donc que le gouvernement libéral de Justin Trudeau doit agir pour contrer les inégalités au pays lors de l’énoncé économique de l’automne présenté lundi prochain par la ministre des Finances Chrystia Freeland au Parlement.

« Les milliardaires ont tiré profit des échappatoires fiscales pour les riches, des suppressions fiscales pour les sociétés, des paradis fiscaux et de l’absence de taxes sur la richesse et les successions au Canada. Le gouvernement Trudeau a maintenant une occasion en or de réduire les inégalités de richesse extrêmes et de générer des milliards en revenus pour aider à payer pour la crise et la relance», a ajouté Toby Sanger.

Les Canadiens pour une fiscalité équitable proposent ainsi plusieurs mesures comme de réinstituer un impôt sur les successions, comme celui aux États-Unis, qui générerait au moins deux milliards $ par an. Faire remonter à 18 % l’impôt sur les sociétés, qui est de 15 %, amènerait 5 milliards $ annuellement dans les coffres de l’État fédéral.

Ce groupe suggère aussi à Ottawa d’imposer les revenus de placement, les gains en capital et les options sur actions comme les revenus d’emploi. Ceci donnerait plus de 20 milliards $ par an.