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Vaccination massive au Québec: «Il reste encore beaucoup d’inconnu»

TVA Nouvelles

Le ministre de la Santé Christian Dubé a indiqué que 200 000, voire 300 000 Québécois pourront se faire vacciner contre la COVID-19 chaque semaine, lorsque la campagne battra son plein. Ce nombre est-il réaliste?

Médecin spécialiste en santé publique, la Dre Maryse Guay est d'avis que l’expérience des experts d'ici en matière de vaccination servira bien la population.

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«On fait déjà la vaccination de masse avec des cliniques importantes, cette année, comme la grippe. Ça nous permet de pratiquer une vaccination importante de sorte qu’on respecte toutes les mesures de sécurité», a-t-elle expliqué à LCN, jeudi matin.

En entrevue avec Mario Dumont, mercredi, le ministre Dubé s’est montré optimiste quant à l’organisation pour procéder à une vaccination de masse, se fiant aux efforts déployés contre la H1N1 ou l’influenza.

Par contre la H1N1 n’affectait pas l’ensemble de la population, donc les vaccins administrés étaient moins nombreux que ceux prévus en 2021. Peut-on réellement comparer les deux campagnes?

«En 2009, on a quand même vacciné la moitié de la population en deux mois, ajoute Dre Guay, qui oeuvre aussi comme directrice du Centre de recherche Charles-Le Moyne - Saguenay - Lac-Saint-Jean sur les innovations en santé. Nous sommes quand même arrivés à une vaccination très importante. Les doses étaient disponibles très rapidement.»

Promesses d'achat du fédéral : beaucoup d'inconnu   

Le fait que le fédéral n’offre aucune garantie tant sur la quantité des doses que sur une date de disponibilité crée un climat d’incertitude du côté de la santé publique.

«Il reste encore beaucoup d’inconnu. On ne sait pas à quel moment on recevra les doses ni la quantité que l’on recevra. Elles arriveront probablement graduellement et en petites quantités. Si jamais on reçoit des quantités plus importantes, on pourra vacciner comme des cliniques de masse.»

La Dre Guay croit effectivement qu’une fois les doses livrées, la vaccination massive s’amorcera à travers la province dans les jours suivants.

«En principe, oui. La vaccination contre la grippe est organisée à l’avance et là on sait déjà qu’on doit s’organiser, prévient-elle. Le gouvernement a des promesses d’achat de vaccins. On ne sait pas quelle est la capacité des compagnies de les fournir.»

Enfin, les problèmes de logistique comme celui soulevé avec le vaccin de Pfizer, dont les doses doivent être conservées à une température de -70 degrés Celsius, représentent des défis en vue de la vaccination massive. La Dre Guay croit néanmoins que la préparation n’est pas un enjeu.

«Les équipes sont bien formées et elles ont toute la rigueur pour faire en sorte que les vaccins soient bien administrés. 

«Nous ne sommes pas à l’abri des erreurs, mais on a tout un système de surveillance pour nous assurer que tout est adéquat.»